A venir quelques illustrations jointes.

O mon Berry

O mon berry
O mon berry,douce contée
Ou le destin mit mon berceau
Sol des aieux,terre sacrée
Ou chante encore le gai pipeau
Noble coeur du pays de France
Qui bat d’amour et d’espérance,
J’aime ton ciel,tes bois,tes champs.

J’aime tes moutons dans la plaine
Tes chemins creux et tes sentiers,
Ou les agneaux laissents leur laine
En blanc flocons aux noisetirs
J’aime tes genêts,tes fougères,
tes coteaux roses de bruyères,
Tes moissons d’or sous le soleil
Et tes pampres au jus vermeil.

(Chant scolaire Edouard Jouin)

99 moutons et 1 Berrichon

Coumm’on dit, la s’main’ prochain, occupe tes ouilles, out’ tes chieuves et… tes moutons 😉 !

C’est d’ailleurs uen expression bien connue du Berry et peut-être même dans les régions voisines  » 99 moutons et 1 Berrichon, cela fait cent bêtes « , considérée comme péjorative.

Cela vient du temps où le paysan berrichon était taxé à des péages ayant une franchise sur cent moutons. Il témoigne de la rouerie des paysans qui s’arrangeaient toujours pour limiter leurs troupeaux à 99 moutons, pour ne pas payer de taxe. Jusqu’au jour où un douanier un peu plus malin qu’eux eut l’idée, pour encaisser le péage, de créer cette formule devenue fameuse… ici les moutons du Berry


Faire charibaude

C’atait tout d’suit’ après vendange, que j’nous rasemblins tout d’in tas, pour teiller nout’ p’tit serron d’chanve, el’ soir après nout’ dergnier r’pas. C’atait toujou là qu’les mariages, les bounn’s vieill’ a les enreyin, les gas les fills’ de nout’ village. C’est bin souvent qu’i s’accordin, pis la monté d’la Gravaude, les gent’s fills avec ieux serrons, àm’nins tout’s a la charibaude pour causer anvec les garçons.

………………
Parole de Jean Rameau
Musique de Louis Cham
(in « La France à table Berry, n°24, mai 1950)


Sur le chemin du Lavoir
Par Jean-Lousi Boncoeur

Vous y trouverez 95% de bonheur et 5% pour faire en faire tout autant …. Ils sont nombreux !


Un houm’ arrangeant » par Gaston Rivière

Gaston Rivière, né en 1909, nous a quitté en mai 2004. Nous perdons avec lui un des dernier grand prince de la vielle. Celui qui éxécutait des valses sur une chanterelle avec autant d’amour a rejoint là haut son camarade Boncoeur…
Voici une autre facette de son talent..

Ca s’passait… ça, dans la s’maine sainte
Nout’ brave curé sortait d’léglise
I confessait d’puis que l’jour pointe
V’la qu’ça s’ameun’ la grousse Elise

– Trop tard qui fait… j’vins d’y arrêter,
T’arais pu v’nir plus tôt, sans doute.
-« C’est pas ma faute, Mosieur l’curé,
J’ons tué l’cochon… j’vous en appourte ».

– Si c’est coum ça j’ôte el tricorne,
Tu veux… ben sur que j’te pardoune ?
– Dame… j’y compte ben, j’vins pour… les cornes
Qu’j’ai fait pourter au Jules… moun’ houm’.

-Oh! mais qu’dit l’aut, c’est assez grave!
Et… combien d’foués ? j’doué tout entend’.
-P’têt’ au moins dix foué, j’en seu malade…
– Dix foués ? … drôlesse, t’es ren gourmande!

Ca mérite une grousse pénitence :
Tu m’fras… six « pater » et douze « avé ».
Et pis i s’leuve… mais coum’ i s’lance,
V’la là la fumelle du chaudrognier…

-Oh! ça dame, ça d’vin trop fort,
J’seu pas forcer d’passer la nuit.
– J’m’en excuse ben que j’soye en r’tard,
Mais d’main, surement, j’pourrai pas v’ni’…

– J’veux pourtant point faire ed’jaloux,
Enter’don’, j’seu pas trop ch’tit,
Je m’fou des p’tit, dis moué l’pus grous.
– « J’ai trompé… huit foués mon Lexi »

– C’est mieux… voyons… coum’ pénitence…
Pour dix.. j’ai donné… six « Pater »,
Pour y un, dix foué moins… queul emmanche,
V’la que j’m’embrouille.. pis j’voué pu clair!

Huit foués y a d’quoué s’tromper
Et pis tant pis, j’calcul pu :
Coum’ l’aut’, six « Pater », douze « Avé »,
Tu l’f’ras cocu… deux aut’ foués d’pu !

Gaston Rivière, Mémoires .

Le Vielleux


Mai chaud remplit la grange ou le portau

Dans le Berry, le portau est l’auvent ou le porche situé à l’entrée des granges, d’où le nom de où le nom de grange à portau » , nombreuses chez nous, l’équivalent étant la grange à auvent.


Après l’tac, faut l’drap !

Ce dicton met en garde contre la salamandre (le  » tac « ), reptile longtemps craint en Berry.
Il signifie en effet « après la salamandre, le linceul ! »


Qui brûle un jou (joug), risque tout

Cela pour dire que les vieux jougs de boeufs, devenus inutilisables, ne se brûlaient jamais dans les campagnes berrichonnes : on les laissait pourrir dans un coin de la ferme. Si on les brûlait, on disait que les maîtres de maison mourraient dans l’année, après de longues et horribles souffrances.

Dans certains coins de l’Indre, lorsqu’un malade tardait trop à mourir, on croyait que c’était parce qu’on avait fait brûler un morceau de vieux joug par mégarde. Parfois, les parents du malade plaçaient un joug neuf sur la tête de l’agonisant pour mettre fin à ses souffrances.


Année de jardin, année de gredin

Pour que les jardins soient florissants, il faut qu’il pleuve fréquemment. Or, une trop grande abondance d’eau nuit aux récoltes et rend les ruraux des campagnes berrichonnes  » gredins « , malheureux et mendiants.


La leçon d’berriaud

Cheuz nous, un berriaud est un barriaud : une barrière. Mais lisez vouèr…

Y en a p’tête compernont pas
Toujour’s tout mon vocabulaire !
T’nez, par exemple : pour luma,
J’ai dit t’ t’à l’heure : « T’es biscarat
Et t’es cornard … « Si j’me tromp’guère,
Cornard, tout l’monde sait à pu près
C’que ça veut dire ! … Mais l »aut’e mot, j’crais
Qu’fau l’espliquer … J’vas sous faire
Un tout p’tit bout d’leçon d’grammaire :

D’etyrmologie – coumme on dit –
J’me rappelle que quand qu’j’étaits p-tit,
Qu’jallais en classe, nout’e maît’e d’école,
Entermi toutes sort’s de bricoles,
Y nous faisait, en zologie, coumme on appelle,
Des cours d’histouère surnaturelle
Et y nous disait qu’lescargot –
Autrement dit : l’luma – sa mode
C’est d’êt’e molux : un animiau
Qu’rent’e dans la classe des gastropodes
Invertébrés et coquillauds.
Ben ! dans c’te famille-là, c’est tel
Un peu, qu’la famille « Tuyau d’poêle »,
Y sont « Hermaphrodisme », oui da !
On dit, en Berry : biscarats.
Ca veut dire – c’est pas difficile –
QUI SONT – coumme l’Auvergnant, ni gâs
Ni femme, censément : bissestiles

(A propois du « Luma » … Jean-Louis Boncoeur : « Un Berger m’a dit … »)


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