J’en reviens à mes toutes premières amours. Du temps où je pouvais encore prendre le temps de me pauser pour lire mes lectures préférées, mais d’autres aussi. Parmi celles-ci, je fais toujours une grande place à la littérature de terroir de première plume. Comme la gastronomie locale, les goûts s’y retrouvent. Il y a un véritable engouement, par plus de facilités proposées aux lecteurs à ce propos, et le Berry reste dynamique en sa campagne pour notre plus grand plaisir. Les farandoles jouées à travers une nostalgie puissante en termes de traditions populaires et le folklore, immuable, intemporel et ô combien encore émouvant, bien que parfois révolu. Mais voilà, c’est notre patrimoine vernaculaire qui n’est certainement pas dénué de style, comme d’ailleurs sa campagne qui l’a vu naître et le pérennise encore de nos jours, via des passionnés – Indriens surtout.

Je pense à un exemple bien connu sur le territoire berrichon, celui de Célestine Chaumette via l’ouvrage « L’étude d’une anglaise découvrant le Berry, Chassignoles en Bas-Berry« . En fait, tel un courant de pensée qui chemine et où la fête populaire devient le maître-mot

D’un autre style, Le Temps des Canalous nous conte l’histoire des mariniers sur les canaux du Centre de la France, au début du siècle – et des « berrichons » de trente mètres, avant la traction par les mulets et les chevaux. Je l’ai lu récemment et je l’ai tellement apprécié pour ses verbes justes, enjoués, pittoresques et patoisants que j’ai voulu le partager avec vous, ainsi que de vous raconter la perception que j’en ai eu et je m’en délecte encore, repensant à notre histoire patrimoniale qui se raconte depuis un canal. Du Berry tout d’abord.


Les premières pages

Elles s’ouvrent sur une sorte de géolocalisation historique, par rapport au patrimoine du fleuve de la Loire et le passage des canaux au centre de la France. On plonge facilement dans l’aventure qui explique tour à tour le partage des eaux, le système d’écluses faisant face au dénivelé, par exemple sur le canal d’Orléans. D’ailleurs le livre est une invitation au voyage, du début à la fin et 9 chapitres ponctuent l’ouvrage.

En page 17, l’auteur – qui nous nomme Cherlecteur – nous livre le chef-d’œuvre d’ingéniosité. Un ouvrage tout simplement exquis, je l’ai adoré ! Je me suis fait plaisir via cette lecture, d’abord parce qu’elle retisse le patrimoine du Berry, mais aussi, pour le côté original de l’auteur, qui nous fait mieux saisir le sens profond du verbe « bricoler » et ce, qu’il s’agisse d’évoquer la petite ou la grande bricole.

Il fait la part belle
aux courageux d’une époque


L’auteur ne manque pas de souligner l’état d’esprit des Canalous, s’échinant à leur quotidien, y laissant leur vie pour nombre d’entre eux, notamment pendant la construction.

Le Temps des Canalous
Publié pour la première fois en 1972
Par Roger Semet – Préface de Jean-Pierre Simon
Corsaire Editions
189 pages
16 €


Une réponse sur « Mon terroir à livres »

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