Pour continuer sur le « Moulin de François le Champi », il faut dire qu’au temps de George Sand, les routes étaient inexistantes. Il y avait sans doute qu’une seule grande route, celle de La Châtre à Châteauroux, à mon avis ! Je connais bien la Vallée Noire, région de l’Indre où George Sand s’inspira pour y fixer la plupart de ses œuvres. Pensez-vous que la fontaine est encore visible après tant d’années, ou peut-elle être recouverte par les herbes ?
Il s’agirait selon une thèse du moulin de la Rame effectivement ! On peut objecter cependant que ce n’est pas tout près de Vic-Exemplet que, dans ces conditions, François aurait quitté la grand’route, mais quelques six kilomètres plus au Nord, à hauteur de Froidfont pour redescendre sur le Plessis d’en Haut et le Plessis d’en Bas : c’est à dire en parcourant un chemin très allongé.
Ceci tout à fait en contradiction avec le texte du roman : connaissant (le Champi) toutes les traînes, tous les bouts de sac, toutes les coursières, toutes les traques et jusqu’aux échaliers des bouchures par le plus court chemin de terre « . Mais on peut opposer que les gués rencontrés se trouvent en terrain plat et non au bas d’une descente. En revanche, quand on vient du Nord de Mers-sur-Indre, tout concorde. Au bas du chemin du Plessis on trouve le gué du loup en arrivant sur la commune de Mers, au bord de la Vauvre, au moulin de la Rame.
C’est peut-être un indice à prendre au deuxième degré, dans le pré du dessus, que longe l’ancien chemin de Montipouret au Moulin Guérin, à 200 mètres des bâtiments, car ici il y a une source. Aujourd’hui la fontaine est tellement envahie par les joncs, par toutes sortes d’autres herbes aquatiques et les ronces, qu’on devine son eau plutôt qu’on ne la voit. Son écoulement est cependant toujours marqué par une ligne de joncs et lorsqu’en période de grande sécheresse son eau fut captée par la baguette et le pendule d’un sourcier d’Argenton-sur-Creuse, pour approvisionner la ferme, dans la mesure de sa capacité, il fut découvert qu’elle avait pu alimenter un lavoir. Beaucoup de lecteurs vont penser comme moi que des indications dans le roman permettent de faire avancer notre discussion sur le Moulin de François le Champi et surtout, permettent d’avancer le nom du moulin de la Rame , dont les bâtiments existeraient encore. Il y a beaucoup de moulins dans les romans de George Sand. Mais si la plupart existent réellement, comme celui d’Angibault, attention, d’autres peuvent être dotés d’un patronyme de fiction et n’existeraient pas « nominativement ». Le Cormouer (à l’ombrage du cormier) se situe au bord de la Vauvre, au sud de Mers.
Pourquoi le Champi viendrait-il du Nord-Est, lui qui est parti d’Aigurande au Sud-Ouest ? La Zabelle à probablement la réponse.
Quoi qu’il est soit, je pense qu’il y avait deux solutions à la réponse : un itinéraire vraisemblable sans aboutissement, ou bien une arrivée à un moulin que trop de coïncidences désignent après cette battue de campagne.

