3 saints qui évoquent
l’histoire de nos lieux sacrés
Saint Blaise, saint de la terre, mais cela est récent et ne date en fait que du début du 20° siècle. Ce sont le plus souvent nos braves curés de campagne qui ont créé ces fêtes traditionnelles, soucieux qu’ils étaient de préserver leurs ouailles rurales. Dans la tradition chrétienne, Saint Blaise, l’Arménien, est un saint de fantaisie, une pure création dont l’existence n’est attestée par aucun martyrologue, Alors c’est qui Saint Blaise ?
Blaise ou plutôt « Bleiz » serait un prêtre druide irlandais de la fin du VI° siècle, L’Irlande en effet fut le creuset d’une forme de christianisme celtique, symbiose entre la tradition celte et l’apport exotérique chrétien, Ce christianisme celtique put traverser la Manche, mais il fut rapidement réprimé par le catholicisme romain, L’origine irlandaise de Bleiz se rapporte à l’homme sauvage, vivant dans la forêt, assimilé plus tard à l’ermite ( pour une fois, Hermite : non 😉 )
La tradition celtique bretonne fait également de Bleiz, un des derniers druides, aimé du Dieu Gargan (tiens donc ! Rabelais fait naître Gargantua le 3 février, Etrange non !), Il vivait dans la forêt en bonne intelligence avec les animaux et plus particulièrement avec les loups,
On pourrait également parlé des versions celtiques du Graal qui font de Bleiz un loup gris qui accompagne Myrrdyn dans la forêt pour lui enseigner le pouvoir de la magie végétale, Bleiz était un initiateur (isolement dans la forêt, expression orale du savoir…)
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Il est toujours difficile, de connaître l’histoire d’une église pour la période antérieure au XI° siècle. Les deux principales raisons sont d’une part la rareté des documents écrits et d’autre part l’absence de fouilles archéologiques. Il est vrai que les archéologues ont un peu boudé le Berry, et l’indigence annoncée de leurs budgets ne risque pas d’arranger les choses… De fait, on est donc réduits à l’observation attentive – et plus particulièrement – à prêter attention aux saints patrons des églises auxquelles on s’intéressent.
Les églises dédiées à Saint Martin, sont, dans l’immense majorité des cas, d’anciens lieux de culte Celtes, édifiés dans une clairière sacrée (un németon) sur des points à niveau d’énergie tellurique important. Après la conquête romaine, ces lieux sacrés furent souvent « gallo-romanisés », on y édifia alors un temple. Puis vint le christianisme qui, peinant à s’implanter en milieu rural, prit pour « cibles » privilégiées ces lieux sacrés traditionnels, pour tenter d’implanter la nouvelle religion. L’histoire des siècles suivants, jusqu’à la période romane, reste souvent dans l’ombre.
A l’aube du nouveau millénaire, les grandes peurs millénaristes oubliées, on y construit une église romane. C’est le plus souvent à cette époque qu’apparaît le vocable de Saint Martin.

On ne s’étonnera pas de trouver, dans les murs de ces églises, des pierres de réemplois invoquant les dieux gallo-romains, Mercure surtout mais d’autres également comme à Saint Martin de Lacs (près de La Châtre dans l’Indre), à Reigny, d’où j’eus été bien tentée d’y aller à la pelle et creuser… au niveau du chevet : il y a ici un entassement de pierres / il y avait lors de ma visite.
Reigny


Ce sont les photos que je fis sur l’une de ces randos « bleu carte postale », comme vous pouvez le voir – de St-Amand à Reigny à vélo, via St-Chritophe-le-Chaudry.

J’ai osé flécher sur mon passage. C’est vrai qu’avec une pelle, il y aurait peut-être la surprise dessous…

Les chapiteaux sont souvent imprégnés de l’esprit Celte, la nature, en particulier, y tient une place prépondérante. D’autres symboles retiendront l’attention, notamment la roue, plus généralement tout ce qui touche à la cosmogonie.
Saint Jean Baptiste et Saint Blaise, révèlent des lieux de retraite d’ermites. Pour le christianisme romain, Jean-Baptiste est le prototype de l’ermite. Pour la chrétienté Celtique, Blaise (ou blez), l’homme loup initiateur, joue un rôle similaire.
La progression du nombre d’adeptes dans les « cella » / cellules – oblige à l’adoption de règles de vie commune et à faire le choix entre une solution monacale et une solution canoniale, la seconde étant beaucoup plus rare en Berry. Dans cette catégorie d’églises, on peut citer Saint Blaise de La Celle-Bruère (près de Saint Amand).

La crypte à Plaimpied : entièrement peinte,
& Svastika
Puis l’église de Plaimpied – cas particulier toutefois, puisque la crypte est dédiée à Saint Jean Baptiste et l’église haute à Saint Martin. Mais vous en trouverez certainement d’autres… Vous me direz cela dans les commentaires, les amis 😉


Bonjour madame Azemard, très bon dimanche aussi.
Un article encore passionnant et de publié, un puits sans fond ce site internet. Merci!
Cordialement
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Muriel,
J’aimerais comprendre. Tu doutes que l’église de Reigny ne soit pas construite sur un ancien site?
Excellente ta publication, merci beaucoup.
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