J’avais évoqué ce joli sujet sur mon ancien site (remplacé par Berry Au Cœur de France) , d’après une série de plusieurs reportages entre 2006/2007, donnant suite à d’aussi nombreuses publications.

Innombrables, sont les pigeonniers qui forment le paysage du petit patrimoine de France, le Berry ne contrevient pas à cette règle par laquelle, munis d’un GPS, nous sommes parti en balade, sillonner aux quatre coins de cet émouvant patrimoine de pays que j’affectionne tout particulièrement, avec celui des moulins et des lavoirs.

Pigeonnier ou colombier ?

Pigeon et colombe appartiennent tous les deux à la même famille des « colombidae« , la colombe serait la version blanche et plus petite du pigeon. De fait, pigeonnier et colombier sont synonymes, utilisés l’un pour l’autre.

HISTORIQUE

Dans la Bible, une blanche colombe (par analogie au Sacré) envoyée par Noé, est de retour en tenant un rameau d’olivier dans son bec, traduisant que les eaux du déluge sont en passe de se retirer.

Plus tard des pigeons sont offerts en sacrifice par Joseph et Marie (Saint-Luc) et l’Esprit Saint descend sur le Christ sous la forme d’une colombe. Aussi et plus tard, tourterelles et pigeons étaient également consacrés aux sacrifices : rendre l’acte sacré, pour les péchés (Lv 5, 7;5, 11; 12, 8 ; Nb 6, 10).

Dans l’Antiquité, le pigeon était considéré comme un oiseau protégé des Dieux, et servait aux sacrifices. Pline l’Ancien raconte comment l’élevage des pigeons était devenu une véritable passion à Rome et que les tours fleurissaient sur les toits des maisons. En Syrie et en Égypte, les pigeons sont utilisés comme messagers, leur mystérieuse capacité à revenir toujours au nid a contribué à les sacraliser.

Dès cette époque, le pigeon est élevé pour sa chair très appréciée et pour sa fiente ou guano, appelée aussi « colombine », employée comme engrais. Autrefois, chaque agriculteur disposait dans son champ d’un pigeonnier, faisant élevage. C’est pourquoi j’en ai trouvé d’assez nombreux davantage dans le département du Cher par rapport aux campagnes de l’Indre… Constat !

Ronds, carrés ou imposants, les pigeonniers représentent des chefs-d’œuvre incontestés d’architecture rurale, même s’ils ne peuvent prétendre au prestige des châteaux et forteresses qui hérissent la province berrichonne, ils condensent toute la mémoire patrimoniale de nos campagnes.

Un patrimoine symbolique…

Le pigeonnier conférait à une demeure un prestige indéniable.

Il tenait une place toute particulière dans l’histoire sociale d’autrefois, et par voie de conséquence, dans l’architecture. Mais le pigeonnier relève d’un paradoxe. En fait, sa fonction primordiale était utilitaire (nourriture et réceptacle à colombine), mais dès son avènement, il a eu valeur de symbole du pouvoir, quant à la suzeraineté avant la Révolution, symbole de la liberté acquise après 1789. Si toutefois on peut considérer l’abolition des privilèges comme synonyme de liberté. De nos jours, les habitants n’ont plus besoin de pigeons (excepté peut-être en période électorale 😉 ) alors que les petits édifices n’en sont pas pour autant chancelants.

Ronds, carrés ou imposants, les pigeonniers représentent des chefs-d’œuvre incontestés d’architecture rurale, même s’ils ne peuvent prétendre au prestige des châteaux et forteresses qui hérissent la province berrichonne, ils condensent toute la mémoire patrimoniale de nos campagnes.

Pigeonnier du château de Maupas – Morogues (le Cher).

D’une série d’images « je cherche et je trouve », je contemplais celle ci-contre d’Annoix, lors d’une sortie pour la « toute action » sur les moulins du Berry. De l’inattendu heureux en route, via une journée traversée comme une jolie parenthèse pittoresque.

Le patrimoine de pays, je l’ai toujours appréhendé comme incontournable, dans la mesure où il s’agit de vous partager ces faiseurs de paysages incarnés en images et symboles.

Au gré de vos parcours sur Berry Au Cœur de France, n’hésitez pas à partager vos propres ressentis quant à ce que la vision d’un pigeonnier vous inspire lorsque vous vous promenez.

Sous l’Ancien Régime, les pigeonniers sont sous le privilège et la marque distinctive des terres seigneuriales et sont divisés en trois catégories :

* Le pigeonnier à pied est à tour ronde ou carrée, il se trouve généralement isolé d’autres bâtis.

* Le pigeonnier à fuite n’a pour seule ouverture qu’une petite fenêtre pour le passage des pigeons.

* Le pigeonnier à pilier est construit dans l’angle du bâtiment d’une ferme bâtiment ou dans une cour, comme par exemple vous le verrez à Asnières ou Soulangy.

À Marseilles-lès-Aubigny

Il autorisait les seigneurs et paysans à faire construire dans les domaines pour élevage de pigeons. Chacun pouvait contenir jusqu’à 3000 pigeons. Le nombre d’alvéoles, ou « boulins » est proportionnel au nombre d’hectares de l’exploitation, ce droit a été aboli dans la nuit du 4 Août 1789.

Seuls, des colombiers abritant des pigeons voyageurs, sont protégés de cet interdit (loi du 18 Février 1927).

Actuellement, en vertu de l’article VI de la loi du 6 Avril 1899, le préfet, avec l’approbation du Conseil Général, à toujours le droit de décider, pour le département ou pour quelques communes, la fermeture d’un colombier.

10 réponses sur « Berry et pigeonniers »

  1. Merci Muriel

    Un article encore passionnant. J’aime aussi voir des pigeonniers, mais beaucoup d’entre eux me semblent avoir été laissés dans l’abandon, c’est une évidence!

    Belles photos 😃

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    1. C’est celui de Lureuil dans l’Indre – Brenne. Très beau pigeonnier restauré entièrement.
      Dans le second chapitre, j’interviens sur les localisations et l’histoire de chacun d’eux.

      Patience ami(e)s ! Je reforme mes chapitres petit à petit, comme vous l’aurez remarqué 😉

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  2. Un joli patrimoine, j’aime beaucoup ta première photo à Lureuil. Superbes images comme toujours !
    Bises, Muriel, merci pour tes jolis partages, bonne semaine.

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  3. Du sol à la toiture, quelle magnifique restauration faite pour ce colombier. Les tuiles locales font merveilleux patrimoine ce patrimoine. Merci pour vos superbes reportages chaque fois.

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  4. De très jolies les photos, article intéressant. Je me considère vieux de la vieille pour parler ce soir de ce patrimoine. Le pigeonnier a concrètement servi pendant les guerres ; il était un relais à pigeons voyageurs qui apportaient des messages.
    Cela bien avant d’en faire élevage à vocation goûteuse des campagnes. Mais quelle est donc la différence entre un colombier et un pigeonnier ? Le colombier est au pigeonnier ce que la Rolls est à la bicyclette. Nous pourrions dire en plus clair que le colombier est une ancienne tour ronde, carrée ou octogonale et bâtie en dur tandis que le pigeonnier est généralement en bois et de petite taille.

    Merci pour ce bel article Muriel, bravo pour ce site.
    J’ai adoré vous lire. À bientôt.

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  5. Bonsoir tous.

    En tous les cas, le colombier est souvent d’origine médiévale, tandis que le pigeonnier est plutôt contemporain.

    Amitiés

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