En Berry, il n’y a pas que les châteaux, les chemins creux et les vieilles pierres qui racontent le pays. Il y a aussi les bouchures. Cette photographie, je l’ai prise dans le bocage saint-amandois. Et lorsqu’on s’arrête quelques instants devant une bouchure, on comprend vite qu’il ne s’agit pas simplement d’une rangée d’arbustes plantés là pour faire joli. Pour moi, une bonne bouchure encore bien debout, c’est aussi une cantine à ciel ouvert ! Mésanges, rouge-gorges, merles… il y a toujours quelqu’un qui vient y déjeuner

° philo des bouchures aussi

Une bouchure, c’est cette haie naturelle qui sépare les champs, borde les prairies et accompagne les chemins. Le mot change parfois de prononciation selon l’endroit. Dans le Pays-Fort, on parle volontiers de bouch’tures. Ailleurs, on retrouve aussi les haies plessées. Des mots différents, mais une même idée : celle d’un paysage façonné avec la nature plutôt que contre elle.

Madame tricotait à la maison… Monsieur, pourrait-on dire, tricotait dehors ! Sauf qu’ici, les mailles étaient faites de branches et qu’elles avaient une mission très sérieuse : tenir le bétail à l’intérieur du pré. Une bonne bouchure évitait donc bien des escapades champêtres… et probablement quelques discussions animées avec le voisin lorsque les vaches décidaient de visiter son champ.

Il fait le lien entre le paysage que l’on voit aujourd’hui et celui que les écrivains ont regardé avant nous.

Dans La Vallée Noire, paru en 1857 chez Michel Lévy, l’écrivaine décrit avec finesse ce paysage bocager si caractéristique du Berry. Elle évoque notamment ces pratiques coutumières qui accompagnaient autrefois l’entretien des haies, comme l’élagage des ormes, véritables silhouettes familières de nos campagnes. Sous sa plume, la bouchure n’est donc plus une simple ligne d’arbres séparant deux parcelles : elle devient un élément à part entière du paysage berrichon, façonné par les usages, le travail des hommes et le temps. Une haie que l’on pourrait presque qualifier de monument végétal… avec, pour toiture, le ciel du Berry !

Dans certains de nos paysages, ont malheureusement payé un lourd tribut aux transformations de nos campagnes : arrachage des haies, remembrement, artificialisation des paysages, pesticides… Pourtant, elles ne servaient pas seulement à délimiter les parcelles et à contenir le bétail.

Muriel A

13 réponses sur « La bouchure berrichonne : autrefois, tout un petit peuple du vivant »

  1. Quelle belle découverte ! Je connaissais le mot « haie », mais pas celui de bouchure . J’aime énormément cet article lui ussi très vivant je rouve, et l’e passage de l’assureur petits mots du terroir qui racontent à eux seuls toute une histoire.

    Merci beucoup!

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  2. Ce soir au journal du 20h est passée l’annone qu’un remembrement de haies allait se faire sur toute la France. Des agriculteurs que l’on aura indemnisés pour arracher leurs haies, vont être payés pour en replanter. Dans le reportage à été montré ce qu’était la France d’avant, avec des haies bocagères, par rapport à une comparaison de platitude maintenant et les champs inondables sans haies. J’ai repensé à ton article Muriel, voilà un message.

    Bises, belle journée amie.

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  3. Bonjour Muriel,
    Je confirme : à vélo, on découvre vraiment le paysage autrement. Et maintenant, je regarderai les haies avec un peu plus d’attention lors de mes prochaines sorties dans le Berry !

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  4. Ah, les bouchures ! Cela me rappelle les promenades de mon enfance. On passait entre les chemins creux sans forcément se rendre compte de toute la vie qui se cachait dans les haies.

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  5. Une haie, c’est effectivement beaucoup plus qu’une clôture. C’est un véritable immeuble pour la biodiversité : chaque étage a ses locataires ! 🐦🌿

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  6. Bonjour, merci !
    Chez nous, on disait surtout « bouch’ture ». Et mon grand-père savait les entretenir comme personne. Il aurait certainement eu beaucoup de choses à raconter sur le sujet !

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  7. JMuriel, j »adore ce genre de patrimoine que l’on découvre en marchant. Une vieille haie peut sembler banale, puis dès qu’on connaît son histoire, on ne la regarde plus de la même façon.

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  8. Fan de lectures de votre blog berrichon, j’avoue, j’aime beaucoup le Berry au coeur de France

    Et les vaches fugueuses, vous en parlez ? 😂 Chez nous, certaines connaissaient parfaitement le chemin du pré voisin !
    Joli blog qui sait parler à ses lecteurs, talentueux du patrimoine, bonne continuation Muriel.

    Cordialement.

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  9. Le rapprochement avec George Sand est particulièrement intéressant.
    Le paysage que nous parcourons aujourd’hui était déjà observé et raconté au XIXe siècle.

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  10. Simple promeneur, e vais avouer quelque chose : avant de lire ton article, pour moi une haie était une haie !
    Maintenant je vais m’arrêter devant chacune d’elles 😄, Mumu !

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  11. Merci pour votre blog u Berry, que ‘japprécie beaucoup aussi. C’est la première fois que je dépose un comentaire, il le mérite.

    Le tricotage des haies m’a fait sourire. Mais c’était un vrai savoir-faire ! Il fallait connaître les arbres, savoir où plier, où couper et comment entrecroiser les branches. Les chemins creux et les bouchures donnent au Berry une ambiance vraiment particulière. On a parfois l’impression d’entrer dans un autre monde dès qu’on quitte la route.

    Bravo à vous, une belle continuation que je souhaite à vos passions.

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  12. Je retiens surtout une chose : désormais, à chaque sortie à vélo, je vais devoir prévoir du temps pour les vaches du voisin !

    Grand merci à toi amie !

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