De la nuit des Celtes
à la clarté romane

Plan – orientationSaint-BenoîtLa Tour Gauzlin
Parcours intérieurHorloge stellaireBestiaire Évangélique



En amont d’Orléans, sur la rive droite du fleuve, St-Benoît-sur-Loire, construite comme Chartres sur l’emplacement d’un sanctuaire druidique, a été durant tout le Moyen Âge une des plus puissantes abbayes bénédictines.

Entre Sully et Châteauneuf, le Val de Loire s’élargit jusqu’à 4 kms, créant le Val d’Or, parsemé de petites butes sableuses qui permirent aux hommes de s’établir sans danger, tout près des terres fertilisées chaque année par la crue du fleuve.

Après les premiers paysans du néolithique, vinrent les Celtes, puis, sur l’emplacement du monastère, s’établit une villa gallo-romaine, l’ager floraiacus, le lieu fertile, dont le nom de l’ancien village de Fleury garde encore le souvenir. C’est dans cette villa que s’installa le monastère, vers 630, sous le double patronage de Ste-Marie et de St-Pierre.

Vue sur le chevet, depuis la Rue d’Orléans

De quelque côté que l’on s’approche de Saint-Benoît-sur-Loire, apparaît la haute et fine flèche de la basilique, dominant le paysage environnant à Fleury, et les toits des maisons.

L’abbaye fut également un centre de culture à la renommée internationale. Elle connut son apogée au XIe siècle, sous l’Abbatiale de St-Abbon de Fleury. Une vie intellectuelle si intense, qu’elle supposa une bibliothèque et des collections constamment enrichies depuis la fondation. En partie épargnée aux pillages et incendies, et les reliques ainsi que les codex et parchemins ont été mis en sûreté par les moines. Les précieux volumes furent abrités (XIe siècle) dans une salle voûtée, moins exposés aux flammes.

Au sein de ce grand foyer de spiritualité étaient étudiés l’Écriture Sainte, premier embryon de la théologie, puis les arts sacrés, la délicate technique de l’enluminure, la reliure, l’arithmétique, l’astronomie et la musique. Abbon fut l’un de ces maîtres.

Sa fondation date du VIIe siècle, encore sous le nom de Fleury. Mais peu après, le corps de St-Benoît, fondateur et père du monachisme occidental, fut amené ici à la suite de la destruction du Mont Cassin par les Lombards.

C’est sous le nouveau vocable de St-Benoît que le monastère est devenu un centre de pèlerinage fameux. Il a conservé son ancienne église avec des parties des XIe, XIIe et début XIIIe s.

On y entre par la Tour-porche, nommée aussi « Porte du Ciel » parce qu’elle évoque la Jérusalem Céleste. Tour-Porche ou Tour Gauzlin, via son sublime ensemble de chapiteaux.

Séjour d’études en l’Abbaye de Fleury
– 4 & 5 Février 2017 –

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10 réponses sur « Abbaye de Fleury »

  1. Merci de nous partager vos expériences par ces très jolis reportages que je découvre, Muriel.

    Je trouve vos parcours visites touchants, très spiritualistes. Nous y sommes allé il y a 3 ans pendant une semaine, merveilleux centre monastique où nous allions aussi les soirs pour vivre saint Benoît autrement qu’en journée. Lors de ce week-end, avez vous pu assister à l’un des offices religieux dans la crypte? Permettez moi cette question car vous n’en parlez pas dans vos articles.

    Superbe votre blog 😇

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    1. Bienvenue, Jean-Marie 😉

      Vous avez vu de très belles choses de l’ensemble monastique, suis heureuse pour vous. Ravie de vous lire appréciant mes visites faites, notamment à Saint-Benoît. Je partage votre ressenti, la basilique, plongée dans la magie du soir venu, nous la parcourons en effet différemment qu’en journée où nous avons à observer, alors que le soir, nous observons différemment et percevons, ressentons plus à vif le « caché » d’une célébration, cosmique et ce, quel que soit le regard qu’on y porte : contemplatif, chrétien, notamment par le chant qui accompagne la célébration liturgique.

      J’y arrivais chacune des deux soirées, rejoignant, bien sûr les offices que je n’aurais manquée pour rien au monde. Je n’en ai pas parlé effectivement jusqu’à présent, car en fait très prise par la voie de l’étude depuis trois ans (arrêt décembre 2020), je commence seulement à ressortir mes visites et rédiger lesdits articles. En suivant les diverses thématiques mises à jour (présentation du chapitre d’articles), m’y revoici d’un pas à pas, si je peux le dire comme ça, via les saisons automne-hiver que j’entends mettre à profit de nouveau. J’ai déjà bien travaillée en ce sens dès les premiers jours d’octobre : tout ce dont vous avez accès depuis cette page, est complètement nouveau depuis le mois dernier – https://berry-aucoeurdefrance.com/patrimoine-religieux

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  2. Merci, je l’ai bien aussi pensé, Muriel. Leurs offices et chants sont très prenants, nous aimions franchement beaucoup cette rencontre le soir. Vous avez raison, on la découvre autrement, la basilique de Saint-Benoît-sur-Loire, à la nuit tombée. Elle nous apparut mystérieuse et alors que nous venions de notre journée l’admirer par son architecture et ses magnifiques chapiteaux, c’est très différent par une même visite, un même parcours que dans la journée. Nous avons croisé une dizaine de personnes et quelques autres qui arrivaient.

    Il est clair que le monastère na pas été ressemblant à d’autres fondations du 7 eme siècle qui autrefois passaient surtout par des zones forestières désertes, dans le style du colombanien, comme par exemple à Montier-en-Der. Fleury est plus proche du monastère basilical et liturgique, auprès de reliques et de prières.

    Nous étions logés à l’hôtel, excellence de service aussi de ce côté, et vous ?

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    1. « Nous étions logés à l’hôtel, excellence de service aussi de ce côté, et vous ? »
      2 nuitées à La Madeleine, car le plus proche de l’abbaye, j’appréciais car je fis tellement de vas-et-vient, le coté pratico-pratique privilégié aussi par le restaurant attenant. Je mettrais quelques photos pour les personnes qui visiteront ce chapitre de mon site 😉

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  3. Bonjour Louis, bienvenue !

    Il m’a toujours semblé évident que les réseaux ne pouvaient permettre d’échanges comme peuvent en recevoir les blogs et les forums.
    Que les commentaires de ceux-ci ne sauraient se substituer à ceux des blogueurs et autres plates-formes car celles-ci n’ont pas ce caractère aussi éphémère, un article en interrompant un autre etc comme sur les réseaux sociaux. Je ne parle pas de qualité de commentaires mais de suivi qu’on a bien du mal à instaurer sur les réseaux (hormis quelques-uns qui ne sont hélas pas une majorité). C’est d’aillleurs pour cette raison que les blogueurs qui s’y tiennent, nous partageons tous, en nombre, nos pages ou nos articles sur nos réseaux, quant l’option pour se faire est activée, suite normale des choses, pour nous autres webmasters ou blogueurs. J’apprécie et de très loin, ce qui donne sens à de véritables et francs suivis, ils ne peuvent avoir lieu que sur blogs ou forums de discussion.

    Ceci dit, revenons au sujet initial. Tout-à-fait, Jean-Marie et Louis, deux communautés, puis des reliques qui ensuite arrivèrent lors de la première époque du monastère. En cela nous avons pour témoignage très précieux qui vient le confirmer, la chasse dite « Mumma« . Alors que je me trouvais dans la petite boutique (aile droite de la basilique), j’avais vu de beaux livres de collection à acheter, nous la montrant.

    Quelle joie d’anticiper déjà sur le plaisir de pouvoir enfin davantage me consacrer, à présent et les semaines qui viennent, à la section du site qui me tient le plus à cœur : le Patrimoine religieux. Alors bienvenue à vous, à vos partages et commentaires.

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  4. Nous, les deux fois que nous pensions aller à Saint-Benoît sur Loire, nous avons été arrêtés par des soucis familiaux et toujours rien visité.
    Merci pour vos très intéressantes publications, Muriel.

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    1. Bonjour Marie-France 😉

      Merci pour votre visite sur mon site. Alors je vais formuler le vœu, tout particulièrement pour mes sympathiques lecteurs qui l’écrivent, d’avoir cette joie de se trouver en face de la Tour-Porche pendant l’année 2021.

      Mes amitiés

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  5. Bonsoir Muriel

    Je ne sais pas où situer mon message.

    Question: je suis très attiré par les sanctuaires qui ont un labyrinthe et ce vivant symbole à aboutit en 2018 sur l’un deux pendant mon pèlerinage qui se terminait à Compostelle. De ces églises pour certaines avec la petite bougie qui souvent m’accompagne, axée sur le plan de nos parts d’ombre, j’aime ouvrir des portes. A l’église de l’abbaye, en trouverait-on un ?

    Merci pour cette sympathique visite, je n’ai pas eu le plaisir de visiter et vos photos sont très belles, les textes également Muriel.

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    1. Paul, je ravie de lire ceci 😉 !

      Je partage votre attrait, tous les labyrinthes de tels monuments se destinent à être parcourus, belle table d’orientation, n’est-ce pas ! Sûrement, connaissez-vous celui de Chartres et y êtes entré selon la coutume.

      Lorsque au printemps 2019 je suis allée à Notre-Dame à Amiens, je découvrais son labyrinthe. Il prend tout le milieu de la nef il est sur plan octogonal et de tracés blanc et noir celui-ci. Au centre est sertie une table d’orientation en cuivre, elle a la forme d’une croix fleurdelisée, montrant les points cardinaux. Elle est aussi entourée des effigies de trois maîtres d’œuvre et d’un évêque en marbre blanc. J’y suis restée pour un bon moment et sur le listel octogonal entourant la pierre centrale (appelée « moellon »), on déchiffre des écritures.

      Il n’est pas de labyrinthe. mais une crypte qui abrite les reliques de Saint-Benoît.

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