Une église 100% romane encore bien dans son jus du XII° siècle, située tout près d’une ancienne voie romaine.
Vous remarquerez la déformation de l’arc d’entrée dans le choeur qui ploie un peu sous le poids du mur diaphragme.

Laisnel de La Salle, l’ami de George Sand, s’appuyait notamment sur le récit de Sulpice Sévère, biographe de saint Martin, selon lequel l’évêque de Tours aurait, vers la fin du IVe siècle, renversé les derniers temples païens du Berry pour y établir des sanctuaires chrétiens. Alors, Saint Martin est-il passé par Lacs ? L’hypothèse n’est pas absurde. Laisnel de La Salle rappelle que l’ancienne voie romaine reliant notamment Argenton à Châteaumeillant puis à Lurcy passait à proximité du village. Il imagine donc que l’évêque de Tours ait pu emprunter cet itinéraire lors de ses déplacements vers Lyon.

Il faut toutefois laisser à cette histoire sa part d’hypothèse. Rien ne permet d’affirmer que saint Martin est personnellement venu à Lacs. Mais les traces anciennes présentes sur l’église rendent le rapprochement particulièrement séduisant. Et justement, il suffit de faire le tour de l’édifice pour comprendre ce qui a pu nourrir cette idée… Sur le chevet extérieur, Vénus, Mercure et Apollon tiennent belle compagnie aux modillons qui les entourent. Vénus est encore assez facilement reconnaissable, avec ses formes généreuses. Apollon se distingue lui aussi. Mercure, placé entre les deux, est plus difficile à identifier au premier regard. Ses fameux attributs ont en partie disparu et le dieu semble notamment avoir fait fi de ses chevilles ailées.

Et après avoir parcouru les petites routes du Berry à vélo, je trouve assez fascinant de terminer l’étape devant une église où Vénus, Mercure et Apollon semblent encore monter la garde sur les pierres romanes de Saint-Martin.

Mercure ne fait peut-être pas uniquement que se reposer sur le Caducée et il me semble nécessaire de creuser davantage la réflexion. Très volontiers, voici : Mercure traduit d’abord le lien qui l’unit à une symbolique du « voyage » et de fait, y voir un prolongement  de Mercure Gaulois., le demi-Dieu du commerce, mais aussi des routes.

Autre particularité, le Caducée. Deux serpents qui s’enroulent autour du bâton pour joindre leurs énergies, expriment en fait une « dualité » qui fait office de complémentarité, car le Caducée traduit l’union du corps et de l’âme. Autrement dit, nous sommes en présence de deux forces contraires qui s’allient pour la « guérison ». Partant de là, ces deux serpents illustrent les deux colonnes d’un Temple : il peut être intéressant de mentionner ici que le Caducée de Mercure, à Lacs, s’interprèterait-il aussi, selon les deux colonnes d’un Temple tellurique qui a existé ici comme empreinte du tmps et de l’oeuvre ?… Car en fait, Mercure en grec se traduit par « colonne » qui structure, qui appuie.

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