Saint Germain des Bois (entre Dun et Levet) et j’ai toujours une envie furieuse de chatouiller.

J’ai choisi entre autres de vous partager une compilation de mes clichés dans le diaporama ci-contre. Ainsi que Thaumiers, Neuilly-en-Dun…

L’art des modillons est une véritable plongée dans la vie quotidienne de nos bâtisseurs d’églises romanes. Tout y est : le travail, le métier et l’art de bâtir, les échanges et le partage des calepins entre collègues, les objets de la vie quotidienne (le tonneau (sur l’une de mes photos « ivresse des sens » ou la barrique, la carafe), l’érotisme – tant le plaisir solitaire que le plaisir partagé – l’environnement naturel, l’imaginaire, l’humour, la dérision. De tout cela, les textes ne nous disent rien ou presque.

Les modillons ne se trouvent pas uniquement sur les transepts, d’autant que certaines de nos églises en sont dépourvues. C’est pourquoi, partant de cette idée, j’aimerais expérimenter un petit truc. Trouver une sorte d’analogie, faire un lien qui corroborerait avec l’idée que certains modillons prenant un caractère négatif, soient situés côté Nord d’un édifice. Si je parvenais à ce constat sur plusieurs lieux romans en Berry – pas seulement sur un ou deux prospectés – cela signifierait-il qu’il y a bien une analogie sculpture-orientation, une relation de cause à effet (?).

21 Mars 2011 / vue d’ensemble du Prieuré Saint-Étienne – XIIè siècle – Bruère-Allichamps : Commune jouxtant Saint-Amand. Rappelons que le Prieuré d’Allichamps a été bâti sur l’emplacement d’un temple dédié à Diane par Claude le Gothique, à partir de 450. Devenu centre paléochrétien dédié à Saint-Étienne.

Les modillons de Bruère, réalisés dans du calcaire, présentent la diversité des genres : vous y observerez tant des visages féminins, des scènes érotiques, que les feuillages, les entrelacs et autres bestiaires. « Les sept péchés capitaux », et bien d’autres images de pierre comme celles-ci. Certaines provoquent l’étonnement, d’autres l’émotion. En fait, à l’observation de ces ouvrages, vous remarquerez également qu’à sa genèse, la lecture des modillons avait pour effet de produire l’éveil spirituel dans l’instantané. Saisir via cet art, cette architecture romane, un « Enseignement », un « langage » à images. Et la richesse du décor surprend, pour ce prieuré de campagne.

Autre rangée de modillons : 08/04/2011 : Église romane – Saint-Amand

Les yeux du personnage sont creux et regardent dans le vide : cela exprime de la tristesse. Personnage à droite : c’est louche ! Son œil droit trahit quelque chose ou quelqu’un. Un tel regard, fuyant, n’est jamais clair avec lui-même. Il louche. Prudence, les amis !

Les modillons ne se trouvent pas uniquement sur les transepts, d’autant que certaines de nos églises en sont dépourvues. Pour une majorité d’entre eux, on les observe depuis le chevet.

15 Avril 2011 : ci-dessus l’église romane à Maisonnais

26 Avril 2011 : Ineuil – Le Cher
Sous les corniches

Partie gauche du chevet à Ineuil, nous trouvons une figuration animale. On distingue peu ce qui est tenu. On voit l’animal tirer la langue. Aurait-il une connotation initiatique ? Alors que la langue, organe de la parole, peut se faire autant Vérité que mensonge c’est surtout vrai lorsqu’il s’agit de figures humaines représentées. Mais après tout, pourquoi ne verrait-on pas un Initié sous les traits de l’animal de la photo.

À droite du chevet, la figurine porte les deux mains jusqu’à ses oreilles, exprimant le refus d’écouter, d’entendre. Reste sourd à la parole transmise, au Verbe. Aussi nu qu’un vers, image érotique. Ce qui vient corroborer le refus d’entendre la parole prodiguée à son avenant.

27 Avril 2011 : la petite église rurale Saint-Paxent àNozières

Une croix dont les branches se terminent par le cercle. En fait, nous retrouvons un sens d’unification avec la partie divine, contenu en cette sculpture. Recentrage quant au spirituel ou symbole exclusivement religieux.

Après la croix ci-dessus, un triangle à droite, mais pas seulement. Cela ne vous dit rien ? Il s’agit de deux symboliques qui expriment la même essence. Médium entre spirituel et terrestre. Puis, au centre du losange, une croix renforce le message contenu dans l’observation de ce modillon.

5 Juillet 2011 : Eglise romane La Berthenoux – Indre

Eglise romane à Reigny – Le Cher

Çà à le mérite d’être clair…

Retour thématique

2 réponses sur « Berry Roman : Art des modillons, petit peuple de pierre et quotidien des bâtisseurs »

    1. On peut ajouter à cela la nature de la pierre. On construisait nos églises romanes avec la pierre trouvée sur place ou le plus près possible. Allichamps est une belle représentation parmi d’autres exemples que je peux citer, pour y être allé bien entendu et avoir photographié, entre autres, les modillons. C’est du calcaire, mais d’un point à l’autre du département du Cher, il n’est pas de même nature. Je ne connais pas exactement la nature de celui d’Allichamps.

      Mais à titre d’exemple, le calcaire utilisé à Chalivoy-Milon (veine proche de celui de Charly), est d’une excellente qualité et les modillons ont très peu soufferts. Ils ont pu être restaurés dans de bonnes conditions, depuis quelques années.

      Par contre, d’autres modillons sont très abimés, lorsqu’ils ont été réalisés dans le calcaire lacustre du sud de Bourges.

      J’aime

Répondre à Hélène Annuler la réponse.