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Né à Bourges, l’histoire du petit Jacques commence dans un milieu très modeste.
Le père, Pierre Cœur est un marchand pelletier. Bien que l’extrait de Naissance de Jacques Cœur ne peut être certifié, la plupart des ouvrages indiquent l’année 1400. Il a un frère qui se nomme Nicolas qui fera des études d’avocat. La maison familiale est située rue de la Parerie.

Jacques Cœur passe son enfance dans ce quartier de la Parerie et de la Rue des Toiles.
La boutique et la maison natale étaient 6 rue de Parerie, près de l’Église Notre-Dame, dans le quartier des tanneurs et des pelletiers. La famille s’installe ensuite à deux pas de la Sainte Chapelle. C’est ici que se déroule l’adolescence, également à proximité du Palais du Duc Jean de Berry. Ce personnage est un grand bâtisseur, un ami des artistes un personnage plutôt attiré par l’ésotérisme. Au personnage nous devons l’une des plus belles œuvres de la littérature : « Les Très Riches Heures du duc de Berry » et ses magnifiques illustrations mettant en scènes les signes du zodiaque et les travaux de la terre. Superbe zodiaque !

C’est dans ce même quartier de Bourges que Jacques Cœur  va faire la connaissance de son épouse, les deux bâtisses sont placées en fait l’une en face de l’autre. Pour ce qui est des études, Jacques Cœur est chargé très jeune de gérer un des douze changes de la ville de Bourges, Place Gordaine.

Nous sommes en 1420 et dans sa 20ème année, Jacques Cœur rencontre son destin et sa voisine de la Rue d’Auron à Bourges, la damoiselle Macée de Léodepart, d’origine flamande, fille du valet de chambre du duc Jean de Berry. Ce fut la première de ses opportunités qui en plus de ses sentiments, apporte dans la corbeille une dot non négligeable et des relations. Macée est la fille d’un notable flamand très aisé qui exerce les fonctions de prévôt de Bourges, après avoir été le chambellan du Duc Jean de Berry. Cette alliance fut-il placée sous le signe de la raison, car d’un rang social mieux situé que celui de la famille Cœur. Toujours est-il que le couple eut 5 enfants et ce en dépit de la vie trépidante de son royal mari Jacques Cœur  entre la période 1421 / 1430 : une fille (Perrette) et 4 fils Jean ( futur archevêque de Bourges), Henri ( chanoine de Limoges), Geoffroy (qui deviendra seigneur de la Chaussée) et Ravand, le seul qui aurait pu reprendre la négoce de son père mais qui n’avait pas hérité de son sens des affaires ni de son ardeur à la tâche.

Dans cette même période, le dauphin de France et futur Charles VII, vient de s’installer dans la capitale berruyère, alors que Jacques Cœur lui, s’initie aux subtilités de la finance et en même temps, commence à mettre en chantier son idée d’un commerce d’abord local qu’il souhaite étendre ensuite. Pour ce faire, il lui faut accroître son, pécule, il s’associe avec un certain Ravan le Danois avec qui il ouvre à Bourges un atelier monétaire où l’on frappe des monnaies royales. Sa stratégie s’élabore petit à petit et deux principes le guident déjà : on n’est jamais si bien servi que par soi-même, à condition de ne jamais mettre ses œufs dans le même panier et l’essentiel est d’utiliser « toutes les manières et subtilités d’avoir finances » pourvu qu’elles servent à aller de l’avant.
Au Levant justement vers lequel il s’embarque en 1432, pour son périple en Méditerranée.

À son retour, il sent poindre une manne qui d’après Jacques Cœur, se situe là-bas. Mais il lui faut affréter une galée et plusieurs, puis devint armateur. La première ville où il met pied est Montpellier d’où il créait une bourse et un Tribunal de Commerce ainsi que des bureaux de change. À partir de ce moment, il tisse un gigantesque réseau de communication, disposant de comptoirs, jusqu’aux premières marches de l’Orient. Pour prospecter et étendre son commerce, Jacques Cœur s’entoure d’une équipe de facteurs qu’il recrute parmi ses proches.

En 1436, Jacques Cœur  est nommé maître des monnaies à Paris (un mois après la prise de Paris. Cette période sera décisive pour Jacques Cœur à nouveau placé sous la protection du Roi Charles VII et au profit de 15 années durant. En 1438, il est fournisseur et vendeur de la Cour et en 1439, il est promu Argentier, l’équivalant de gestionnaire en chef. Il règne alors sur un immense magasin de stockage établi à Tours. Cette même année, il accède à la dignité de Conseiller du roi. Trois années plus tard, il est ambassadeur du royaume et Charles VII l’envoie pour mission à Gennes, au Soudan, en Egypte et – mission délicate, chez le pape Nicolas V au moment où un nouveau schisme dans l’Église Chrétienne ébranle toute l’Europe. Mission réussie. Le crédit de Charles et de la France en sort grandi. Celui de Jacques Cœur encore bien davantage.

La Grant’Maison ou le Palais Jaques Cœur – photo

C’est en 1443 que débute la construction de sa Grant’Maison, œuvre  d’un architecte inconnu, le Palais Jacques Cœur  est devenu un des plus beaux édifices de l’architecture civile gothique. Marqué par la grâce et la fantaisie de la Renaissance française. Édifié sur le fief de la Chaussée, seigneurie acquise par Jacques Cœur , cette demeure fut conçue comme un lieu de résidence mais aussi comme cadre de vie mondaine devant affirmer le prestige social de la famille.
J’ai commis une petite erreur lors de la séquence audio, qu’ici je rectifie. Car en fait, Jacques Cœur  n’habita jamais sa Grant’Maison (commencée en 1443) car elle n’était pas entièrement achevée à son arrestation en 1451.

Pas de fortune sans revers

Soudain, tout bascule, c’est pour Jacques Cœur la descente aux enfers . Le revers de la médaille est pour 1429, cette période ne sera pas de la meilleure augure pour le prince des finances de Bourges. Traversé par un vent contraire, Jacques Cœur n’aura pas accès à cette période de sa vie. Condamné pour fraude . Certains diront une incertitude.
Arrestation en 1451: accusé de fraude, il est condamné puis emprisonné injustement après un procès. La rançon d la gloire est au prix fort. A l’origine, quelques rumeurs sur ses propres spéculations : pots de vin? Le personnage en aurait reçu et donné. Ses transactions immobilières ? Douteuses. Il fut aussi accusé d’avoir fraudé sur l’affichage des métaux dans son atelier monétaire… accusé d’avoir empoisonné Agnès Sorel ?

Cette fois, Jacques Cœur est contraint de se justifier sur se actes et le roi fait instruire un procès. C’est un tribunal d’exception qui est chargé de juger ledit accusé et le verdict tombe, Jacques Cœur est condamné à la confiscation de sa Grant’Maison, la bâtisse sera restituée à ses descendantes en 1457, puis passera entre divers mains avant d’être rachetée par Colbert en 1679. Ce dernier la cédera trois ans plus tard à la ville de Bourges qui en fit son Hôtel de Ville, avant d’y installer ses services judiciaires. Converti en Palais de Justice au 19ème siècle.

Dans l’année de l’arrestation, soit 1451, Charles VII confisque tous les biens de Jacques Cœur  qui va être emprisonné à Poitiers jusqu’au paiement de la somme de 400.000 écus or, avant d’être banni. Mais c’est compter sans la pugnacité de ce Berrichon, Messire Jacques qui crie à la calomnie, dénonce la parodie de justice où seuls deux de ses facteurs ont été autorisées à venir témoigner et ses conditions d’incarcérations dans la prison de Poitiers où il vient d’apprendre la mort de Macée et où aucune visite ne lui est accordée pas même celle de ses enfants.

Octobre 1454

Il s’évade de la prison et ira trouver refuge après des états du pape à Rome. Ici Jacques Cœur  est en lieu sûr. Il obtient l’asile politique et le pape le traite comme un hôte de marque. Mais il ne reviendra jamais en Berry et même et terre de France. L’occasion de repartir arrive. La scène se passe sur l’île de Chio, au milieu de la mer Égée, au large de Rhodes. En 1456, Jacques Cœur embarque pour une croisade menée contre les Turcs. Dans la bataille, il est victime de la lame d’un Sarrasin. Il tombe, blessé dans ce combat, en meurt 6 mois plus tard le 25 novembre 1456, dans cet Orient qui l’avait si fort attiré. Le périple est définitivement bouclé, pour certains, il aurait été inhumé en l’église des Cordeliers (mais on ne retrouvera pas sa sépulture). Étonnante énigme sur la mort de Jacques Cœur, car il y a beaucoup de contradictions à ce sujet.

Proche de la cinquantaine, sa réussite est à son apogée, il a restauré l’artisanat, relancé l’activité portuaire, revivifié le commerce, supprimé les péages, rétabli les foires franches, diminué l’impôt et de l’avoir doté d’un fisc et d’une monnaie. Quant à son patrimoine, il est considérable.

À la fin de son règne, Charles VII lui accorda un pardon posthume avant que Louis XI ne le réhabilite en 1462, par un juste retour des choses. Décidément, le Berruyer n’était pas n’importe qui !

Le Berry de Jacques Cœur

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