Dun-sur-Auron (18)
Le Préalix

En revenant d’une journée de randonnée, je m’arrêtai quelques instants pour photographier, de loin, le moulin. Au bout du petit chemin colzacien, la silhouette apparaissait encore debout. Une ruine, certes, mais une ruine qui tenait bon. Plus de toit, plus d’ailes : il ne restait que la haute bâtisse, dressée dans le paysage comme si elle refusait de disparaître. Je ne savais pas alors que cette rencontre à distance aurait une suite.
Quelques mois plus tard, le propriétaire, que j’avais croisé sur le site, m’adressait ses documents afin que je puisse les publier sur mon site, qui s’appelait alors Berry-passion.com » mon site précédent. Et voici désormais ces précieux témoignages !

Parmi eux, un diaporama particulièrement intéressant retrace l’acheminement de l’appareillage destiné au moulin. On y découvre, étape après étape, la restauration qui se met en place et, avec elle, tout ce qu’il faut de savoir-faire, de patience et d’ingéniosité pour redonner vie à un édifice qui semblait pourtant promis au silence. Une belle manière de découvrir que restaurer un moulin, ce n’est pas seulement réparer un bâti, c’est lui rendre peu à peu sa fonction, son mouvement… et peut-être, un jour, ses ailes.

Quel travail pour remettre un toit sur un moulin !
Les images permettent de mesurer l’ampleur du chantier, mais aussi les conditions dans lesquelles les hommes ont dû intervenir.
À distance, on voit une charpente prendre forme ; sur place, il fallait composer avec la hauteur, le poids des matériaux, les contraintes du bâti et toutes les difficultés que réserve une restauration de cette nature. Un moulin ne retrouve pas son toit d’un simple coup de baguette magique. Il faut des hommes, des savoir-faire, de la patience… et une solide dose de courage.
À travers les photographies du chantier, on devine toute l’énergie déployée pour rendre au moulin une partie de sa silhouette. Chaque élément remis en place rapproche un peu plus l’édifice de celui qu’il fut autrefois. Un grand merci, d’ailleurs, à son propriétaire pour cette magnifique restauration et pour m’avoir confié ses photographies afin d’en partager les différentes étapes. Grâce à ses photographies, vous ne découvrez pas seulement un moulin restauré : vous découvrez, sur Berry Au Cœur de France, tout le travail nécessaire pour qu’un patrimoine puisse continuer à faire paysage.

Les photographies confiées par le propriétaire sont particulièrement pédagogiques. Elles permettent de suivre la restauration presque pas à pas : de la grue qui dépose, avec une précision toute particulière, le chapeau cylibdrique du moulin-tour, jusqu’au dernier geste, celui qui redonne aux ailes leur place dans le vent.
Et l’on comprend alors tout ce que le moulin doit aux hommes qui le restaurent : chaque pièce trouve sa place, chaque étape compte, jusqu’à ce moment où les ailes sont enfin mises au vent, comme le dit le vocabulaire du métier. Le chantier s’achève alors sur une image forte : le moulin retrouve sa silhouette, et avec elle, une part de son mouvement.

Les ailes, ces grandes échelles dans le ciel
Jusqu’au milieu du XIXᵉ siècle, les ailes des moulins présentent une étonnante simplicité de construction. Chacune est constituée d’une verge médiane, ou axe, sur laquelle viennent se fixer des barreaux transversaux. Du côté extérieur, ceux-ci sont encadrés par un cotret, également appelé longeron. À les regarder ainsi, on pourrait presque les prendre pour de grandes échelles doubles dressées vers le ciel. Généralement au nombre de quatre, les ailes sont garnies de deux toiles chacune. Mais l’entoilage ne se fait pas d’une seule manière : plusieurs procédés existent selon les moulins et les époques.
Et puis il faut imaginer le meunier au travail. Pour garnir les ailes de leurs toiles, il doit grimper successivement sur chacune d’elles. Voilà qui donne une tout autre dimension à cette silhouette familière que l’on admire aujourd’hui depuis le sol ! Les extrémités des ailes doivent donc rester accessibles. Quant au déploiement ou au resserrement des toiles, ces manœuvres s’effectuent depuis le sol, moulin à l’arrêt.
Autrement dit, derrière ces quatre ailes qui semblent si légères lorsqu’elles se découpent dans le ciel, il y avait beaucoup de travail, de précision… et une certaine familiarité avec le vertige.
Et puis vient le moment
où les ailes prennent le vent
Après le chantier, les hommes, les gestes précis, les pièces patiemment acheminées et ce grand chapeau cylindrique enfin posé, le moulin retrouve peu à peu la silhouette qui fut la sienne. Il ne suffit pourtant pas de restaurer des pierres, du bois ou des mécanismes pour faire revivre un moulin. Il faut retrouver les savoir-faire, comprendre les gestes, respecter les techniques et, parfois, accepter de prendre le temps qu’exige un tel patrimoine. Les photographies confiées par son propriétaire permettent de mesurer tout ce chemin parcouru. Elles gardent la mémoire de cette restauration et témoignent d’une volonté.
Aujourd’hui, ses ailes ont retrouvé le vent. Et avec elles, c’est un peu du mouvement d’autrefois qui revient dans le paysage.
Texte et rédaction : Muriel Azemard
Photographies : Avec l’aimable concours du propriétaire du moulin.


Les moulins sont décidément des concentrés d’ingéniosité!
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Un moulin sans ses ailes semble toujours un peu amputé. Leur retour change complètement son apparence et lui redonne cette présence particulière dans le paysage. On comprend alors que la restauration va bien au-delà des pierres et des charpentes.
Merci, c’est pssionnant ce que vosu écrivez sur votre blog.
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Après tout le travail accompli, voir le moulin retrouver sa silhouette doit être une émotion immense pour ceux qui ont participé à sa restauration.
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On regarde les ailes tourner sans forcément savoir comment elles sont faites.
Votre explication permet de découvrir tout un vocabulaire technique que l’on rencontre rarement aujourd’hui. Très intéressant !
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Je n’avais jamais imaginé les ailes d’un moulin comme de grandes échelles.
Ta comparaison permet de mieux comprendre leur construction, finalement assez simple dans son principe mais certainement impressionnante à réaliser.
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Restaurer plutôt que laisser disparaître : un choix qui mérite d’être salué.
Ce chantier montre qu’avec de la volonté, des compétences et beaucoup de persévérance, même un moulin très dégradé peut retrouver une nouvelle vie.
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Quelle satisfaction cela doit être de voir enfin le toit terminé !
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La renaissance du moulin passe aussi par ces hommes de l’ombre. On admire le bâtiment terminé, mais on oublie souvent ceux qui ont travaillé en hauteur, transporté les matériaux et redonné vie à une charpente ancienne.
Merci pour le partage de l’artticle sur ton joli site, vraiment !
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Ce sont des restaurations qui forcent le respect, toutes les contraintes auxquelles les ouvriers ont dû faire face. Chaque élément remis en place représente certainement des heures de travail.
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Quand on voit les photos, on mesure vraiment le travail accompli.
Remettre un toit sur un moulin, surtout dans un bâtiment aussi haut, devait être un chantier impressionnant. Quel courage et quel savoir-faire !
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Bonjour,
L’histoire de ce moulin que tu rencontrais sur ton chemin, commence presque comme un hasard. Le hotographier sans savoir qu’il deviendra quelques mois plus tard le point de départ d’une véritable rencontre avec son histoire.
Tes articles rrendent le patrimoine particulièrement vivant.
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Merci Muriel !!!!
C’est aussi cela, la sauvegarde du patrimoine : transmettre.
Les documents confiés par le propriétaire prennent aujourd’hui une nouvelle vie. Bravo pour avoir conservé et partagé ces témoignages qui auraient peut-être fini par se perdre.
Merci beaucoup.
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Même en ruine, il devait avoir une présence incroyable dans le paysage. Et grâce à ces témoignages, son histoire peut continuer à être racontée.
Bises !
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J’ai beaucoup aimé vos explications, Muriel.
Après avoir lu ce passage, on ne verra plus les ailes simplement comme une silhouette dans le paysage : on pensera à la verge, aux barreaux, aux cotrets et aux toiles.
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Une simple randonnée, une photo prise au détour d’un chemin et, finalement, des documents précieux transmis par le propriétaire. C’est une jolie façon de faire vivre la mémoire d’un patrimoine.
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Tu as fait une belle belle rencontre avec un lieu qui semblait condamné à disparaître. J’aime beaucoup cette idée de photographie prise à distance, puis de découvrir quelques mois plus tard toute l’histoire qui se cachait derrière cette silhouette.
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Restaurer un moulin, ce n’est pas seulement conserver des pierres anciennes, : c’est maintenir une relation avec le vent pour la répration des ailes. Ce moulin restauré, franchemetn, beau !
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Une fois qu’un moulin disparaît ou que ses mécanismes sont définitivement perdus, c’est une partie de notre histoire locale qui disparaît avec lui.
Merci à Berry au coeur de France d’avoir montré les photos de ce proprétaire.
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Restaurer un moulin doit être une aventure extraordinaire. Entre les travaux, les matériaux, les artisans et l’entretien quotidien, on imagine facilement l’ampleur de la tâche.
Merci de parler des propriétaires. On admire souvent le résultat sans penser aux années de travail nécessaires pour conserver ces bâtiments. Leur engagement est absolument essentiel.
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