C’est l’intitulé que j’ai choisi pour incarner ce visitel photogrtaphié sur mon parcours. Il s’agit d’une table de pierre placée comme protectrice. Ces pierres pleines de légendes, pétries de sagesse et de mystères, trônent tranquillement dans la campagne berrichonne, comme si elles avaient toujours été là. Je vous propose ce symbole depuis la campagne de Levroux. La collégiale n’est d’ailleurs pas si loin : raison de plus pour pousser un peu la balade, aller voir ces vieilles pierres de plus près et, qui sait… réveiller au passage une fée endormie depuis quelques millénaires !





Je suis partie de Saint-Amand-Montrond, pour rejoindre Levroux au fil des routes et des découvertes. Au bout du compte : 92,1 km et 4 h 46 dans les mollets ! Autant dire qu’à ce stade, les mollets ont eux aussi quelques vieilles pierres à raconter, ont bien mérité leur visite du patrimoine roman. Ma journée s’est terminée devant la collégiale. Mais, avant de ranger le vélo, il reste bien sûr à aller voir cette belle dame de plus près.
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Après les mottes féodales et les tumulus, dont vous m’avez parlé dans vos messages, voici venu le temps des dolmens. Pendant longtemps, on les a pris pour des autels de culte païen, destinés notamment aux sacrifices. Cette croyance a probablement contribué à leur disparition : au Moyen Âge, beaucoup furent renversés, détruits ou ensevelis. Pourtant, ces imposantes constructions de pierre étaient à l’origine bien différentes de ce que l’on imagine aujourd’hui. Les blocs formaient des chambres funéraires, probablement recouvertes de terre et de pierres, constituant ainsi un tumulus. Au fil des siècles, la terre a peu à peu disparu, laissant apparaître les énormes blocs qui nous intriguent encore aujourd’hui. Cela explique peut-être pourquoi ces monuments semblent surgir ça et là de nos campagnes : ils étaient là depuis bien longtemps… il fallait simplement que le temps fasse son œuvre pour nous les dévoiler.
Une image pour symbole
Je partage volontiers mon petit plus. On place un dolmen dans un lieu afin de protéger ou soumettre ce lieu à des influences invisibles : il crée un reflet comme une présence du cosmos, la pierre étant réceptrice des influences célestes. Cette table de pierre, placée dans les parcs, les champs, sur le bord de la mer, ou comme monument funéraire, révèle une défense des lieux. Placée à côté d’un sépulcre, la pierre protège l’âme du défunt. Ces chambres funéraires remontent à la Préhistoire et sont antérieures à l’époque celtique. Autant dire que, devant elles, on prend un sacré coup de vieux ! C’est toujours utile de remonter le temps… surtout lorsque ce sont quelques grosses pierres qui nous y invitent
Je vous raconte, en roulant
Comme ça, vous avez l’impression de partager la rando avec moi,
plutôt que de lire un article historique.

Quelques kilomètres plus loin, une nouvelle pierre attire mon attention…
Autrefois, le dolmen était avant tout une chambre funéraire, souvent unique et de taille plutôt modeste. Et dans l’Indre, on en trouve quelques-uns : une quarantaine de mégalithes seraient encore recensés, parmi lesquels une trentaine de dolmens et une dizaine de menhirs. Certains ont des noms qui invitent déjà au voyage : la Pierre-Folle à Liniez, la Pierre à Moulins-sur-Céphons, le dolmen de Passebonneau à La Châtre-Langlin, ou encore celui des Gorces à Parnac. Rien qu’à entendre ces noms, on imagine déjà les histoires que ces vieilles pierres pourraient nous raconter !
L’Indre est un département où les dolmens ne manquent pas. Il faut simplement savoir les repérer… Certains jouent les timides, d’autres se montrent plus généreusement, bien installés dans les champs ou au bord des chemins. Et parfois, les noms des villages et des lieux-dits semblent eux-mêmes nous mettre sur la piste de ce passé très ancien.
Si vous empruntez la route entre Levroux et Vatan, ou dans l’autre sens, vous ne pourrez guère les manquer : les pierres de Liniez sont là, tout près de la route. Pas besoin de carte au trésor, de longue expédition, ni de géocaching, le trésor est à ciel ouvert ! Il suffit de garder l’œil ouvert et de ralentir un peu. Les dolmens sont là, tout près de la route, tranquillement installés dans la campagne… Après tout, eux ne bougent pas ! 😄

Une petite halte qui mérite bien qu’on pose le vélo quelques instants. Ces vieilles pierres, posées là en liseré départemental, avaient bien des choses à conter… mais le temps, lui, ne m’accordait qu’une petite écoute. Alors j’ai promis de revenir les voir plus longuement. Car avec des pierres qui ont quelques milliers d’années au compteur, quelques minutes de plus ou de moins, elles ne sont probablement pas à ça près ! Vous me direz en commentaires.… et qui sait, peut-être que certains d’entre vous connaissent leurs histoires mieux que moi !
D’ici, je ne suis plus qu’à 300 mètres de la Collégiale de Levroux. Vélo stationné sur le bas-côté, me voilà arrêtée pour tenter un petit visuel grand angle. Il faut bien prendre un peu de recul pour embrasser tout le paysage… et parfois, pour faire entrer la campagne entière dans la boîte à clics !
Petite parenthèse :
qu’est-ce qu’un dolmen, physiquement et géologiquement ?
Avant de poursuivre notre route, arrêtons-nous un instant sur ces drôles de constructions. Un dolmen est constitué de plusieurs grandes pierres disposées de façon à former une chambre, généralement funéraire à l’origine : des blocs verticaux servent de supports et une ou plusieurs grosses dalles les recouvrent. Mais ces pierres ne sont pas forcément originaires de l’endroit où elles se trouvent. Leur nature géologique raconte aussi une histoire : granite, grès, calcaire ou autre roche, selon les régions. Les bâtisseurs de la Préhistoire ont choisi, déplacé et assemblé ces blocs avec des moyens qui nous paraissent aujourd’hui bien mystérieux.
Bref, avant d’être de simples « grosses pierres dans un champ », ces monuments sont à la fois des constructions humaines et des morceaux de l’histoire géologique du territoire. Petit arrêt avec moi quelques instants, pour comprendre ce que nous regardons là, puis de qu’il regarde, repartir sur cette déprtemetnale indrienne, avec d’autres regards.
À votre avis, quelle est aujourd’hui la principale force de cette mémoire ancienne, encore visible à travers de grands spécimens comme ceux-ci ? Est-ce leur taille, leur âge, le mystère qui les entoure… ou simplement le fait qu’ils soient encore là, après tant de milliers d’années ? Je vous laisse me raconter votre version en commentaires !
Je rejoins la Collégiale

Je reprends le vélo et me voilà repartie vers la collégiale, toute proche maintenant. Quelques coups de pédale suffisent pour quitter le bas-côté et rejoindre tranquillement le cœur de Levroux. La route se fait plus urbaine, mais le plaisir reste le même : celui d’arriver enfin à destination… romane ! La collégiale se laisse peu à peu apercevoir, comme pour me rappeler que cette journée de « Berry Roman à Vélo » touche à sa fin.
Je vous ai raconté ma rando avec très grand plaisir. Partie de Saint-Amand-Montrond, j’ai traversé la campagne, rencontré dolmens, pierres, paysages et patrimoine, pour finir à Levroux. Une vraie itinérance, mais avec les mollets bien terrestres ! Et maintenant, je peux laisser reposer tout cela, comme les vieilles pierres que j’ai racontées. À bientôt pour la suite de l’aventure !

