Écrire l’édito depuis le Berry, c’est écrire depuis le cœur de la France. Non comme un simple point géographique, mais comme un lieu d’observation privilégié, d’où le regard peut se porter dans toutes les directions. Une évidence s’impose alors : ce qui nous rapproche ne se mesure pas en kilomètres, mais en attention portée. Les territoires vivent grâce à celles et ceux qui les habitent, les cultivent, les animent et les font rayonner.
Le mois d’août, lui, est souvent un temps suspendu : les villes ralentissent, les campagnes vibrent sous la chaleur, les moissons rappellent combien les équilibres de la nature demeurent précieux et fragiles. Depuis nos paysages, il suffit de regarder les rivières, les haies, les cultures ou les massifs forestiers pour comprendre que le changement climatique n’est plus une réalité lointaine. Il s’inscrit désormais dans notre paysage quotidien. Aussi, les agriculteurs, les pompiers, les soignants, les élus, les associations et tant d’autres sont mobilisés pour faire face aux conséquences d’un climat qui change. Leur engagement mérite notre reconnaissance. Cela se retrouve partout dans les régions.

Clichés BACDF : 03/08/2026

Au détour d’un marché, d’une ferme ou d’un village, les conversations reviennent souvent sur la pluie qui tarde, ou lorsqu’elle se présente, ne fait que passer… trop vite. Les récoltes, les jardins ou les réserves d’eau. Ce sont des préoccupations très concrètes, qui disent beaucoup de notre époque. Pour autant, août ne doit pas devenir celui de la résignation. Il demeure un temps propice à la rencontre, au partage et à la réflexion. Dans nos communes, les marchés, les fêtes locales, le patrimoine et les initiatives citoyennes rappellent que la vie collective est une richesse qu’aucune canicule ne peut dessécher. De ce côté j’ai donné aussi, dans une vie antérieure très proche de celle-ci – Sarthe – et depuis mon retour en Berry, je suis allé vers des « ailleurs ». Mais la mémoire reste très ouverte et vivace.
Août est aussi cela : un moment où l’on relève les yeux. Non pour ignorer les difficultés, mais pour garder un horizon. Car je crois que les territoires qui avancent sont ceux qui savent conjuguer réalisme et espérance. L’engagement de celles et ceux qui, chaque jour, font vivre nos communes, nos associations, nos entreprises et nos services publics mérite toute notre reconnaissance. C’est cette énergie collective que l’on retrouve partout dans nos régions et qui nous permettra d’aborder la rentrée avec confiance. Septembre ouvrira de nouveaux chantiers, mais aussi de nouvelles possibilités. À nous de les saisir ensemble, avec la conviction que les territoires qui savent s’unir sont aussi ceux qui savent le mieux s’adapter et préparer l’avenir.




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