S’il ne semble guère guilleret aujourd’hui, dans sa chemise grisonnante et sèche, il ne faudrait pas pour autant le croire sans ressources : ce moulin a très probablement connu des heures de vaillance. Il fut un temps où il rendait de fiers services aux hommes, comme savent le faire les moulins lorsqu’on leur confie le soin de travailler avec l’eau ou le vent. Sa roue a connu le mouvement, son mécanisme l’activité, et ses murs ont vu passer bien des générations.
Aujourd’hui, le temps a laissé sa marque. La pierre s’est patinée, les années ont fait leur œuvre et le moulin semble avoir adopté une certaine discrétion. Mais il n’est pas seul. Dans le Saint-Amandois, deux autres moulins lui tiennent compagnie. Trois silhouettes, trois histoires, trois façons d’avoir participé à la vie du territoire. Et si le temps les a quelque peu éloignés de leur ancienne activité, il n’a pas effacé leur présence. Ils demeurent là, inscrits dans le paysage, témoins d’un temps où un moulin n’était pas seulement un bâtiment : c’était une machine, un lieu de travail et un compagnon de la vie quotidienne.

