Observations extérieures

Agnus Dei à Chalivoy-Milon

Portail de Saint-Martin

Le tympan et trumeau du portail méridional de St-Etienne
Chef-d’œuvre sculpté au tympan: le « Christ en Gloire » entouré des quatre évangélistes ».
À quoi reconnaît-on l’influence bourguignonne selon la tradition ? Serait-ce St-Augustin ?
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I. Mes diverses observations faites à partir de tympans, chevets et portails visités
II. De l’influence des arcatures dites « aveugles »
III. Petit peuple artistique et images de pierre perçues d’un quotidien
Lors de mes pérégrinations, j’ai très souvent remarqué qu’en grande majorité, les transepts sont couverts d’une coupole (voire voute-coupole), surmontée du clocher.
Observations intérieures
Plan – Chapiteaux et colonnes
° Le plan bénédictin
° De l’orientation d’un chapiteau
° Histoire de construction : La galilée
° Un chœur décentré
° Des colonnes qui ne servent à rien?
° Supports et chapiteaux
Arcatures de couronnement

St-Outrille
En poursuivant la visite, mon regard s’attarde sur les arcatures aveugles, également appelées arcatures de couronnement. Ici, elles viennent rythmer et couronner la partie supérieure de l’abside et du chœur. Un détail architectural que l’on pourrait presque manquer en passant… Alors, rien que pour le plaisir de voir l’entrelacs d’un peu plus près, je m’approche. Les lignes se croisent, se répondent et composent un délicat jeu de formes, témoignage du soin apporté jusque dans les moindres détails.
Les absides de nos églises romanes du Berry sont souvent couronnées d’arcatures aveugles. Un décor discret, mais qui donne à ces édifices une élégance toute particulière.En les observant, on pourrait croire à une caractéristique propre à notre région. Pourtant, ce motif se retrouve bien au-delà du Berry, notamment en Saintonge, dans certaines églises d’Auvergne et de la Nièvre — à Basilique Sainte-Marie-Madeleine, par exemple. Ici, les arcs sont toujours en plein cintre. Ils reposent sur de petites colonnes monolithes, façonnées au tour, ou sur de petits pilastres à section carrée.
Des formes simples, répétées avec régularité, qui viennent pourtant animer la pierre et attirer le regard vers la partie haute de l’abside. Il suffit parfois de lever les yeux pour découvrir tout un jeu de lignes et de volumes que l’on ne remarque pas au premier regard.

Ourouer-les-Bourdelins
Ici, à Saint-Christophe, je suis déjà venue trois fois, entre 2009 et 2013.
Le nom d’Ourouer viendrait du latin orare, « prier », et évoquerait ainsi un lieu consacré à la prière. Quant à Bourdelins, le nom serait issu de « bordier », autre terme désignant autrefois le métayer. Le prieuré aurait probablement été édifié par des moines bénédictins dépendant de Cluny. Il était autrefois rattaché à Prieuré de La Charité-sur-Loire. Puis, au début du XIIe siècle, l’église, à l’origine de plan rectangulaire, se voit dotée d’une abside en hémicycle et de deux absidioles. Une transformation qui lui donne alors cette silhouette romane si caractéristique.
Et puis il y a ce détail bien de chez nous : un passage berrichon, qui permet d’accéder à la chapelle seigneuriale Saint-Pierre.
Un petit passage architectural, presque discret, mais qui raconte à lui seul une part de l’histoire du lieu. Ici encore, il faut prendre le temps de regarder les détails : ils sont souvent ceux qui nous font le mieux entrer dans l’histoire d’une église.
Des arcatures…
Lors de mes toutes premières découvertes sur le terrain, je regardais ces arcatures simplement comme un élément du décor.
Puis, à force de les retrouver d’une église à l’autre, j’ai commencé à m’y attarder. Elles forment une sorte de couronne de pierre, juste sous la corniche, et accompagnent doucement la courbe de l’abside.
Les arcs, toujours en plein cintre, s’appuient sur de petites colonnettes ou sur de petits pilastres. Et c’est justement là que les choses deviennent intéressantes : car d’une église à l’autre, le dessin change, les supports ne sont pas les mêmes, les chapiteaux apportent leurs petits détails… parfois même quelques entrelacs qui donnent envie de s’approcher encore davantage.
J’aime particulièrement ce moment où un détail que l’on croyait décoratif commence à raconter quelque chose. Ces arcatures n’ouvrent sur rien, elles sont aveugles, mais elles donnent du mouvement à la pierre. Elles allègent la partie haute de l’abside, jouent avec la lumière et les ombres, et viennent terminer l’édifice comme une délicate frise. Et puis, en les retrouvant ailleurs, en Saintonge, en Auvergne ou dans la Nièvre, on comprend qu’elles ne sont pas seulement « berrichonnes ». Elles appartiennent à cette grande manière romane de travailler la pierre, de rythmer les murs et de faire naître le décor de la construction elle-même.
Alors maintenant, lorsque j’arrive devant une abside romane, j’ai presque le réflexe de lever les yeux. Pour voir si, là-haut, m’attend cette petite couronne d’arcatures… et surtout pour aller regarder d’un peu plus près ce que les maçons et les sculpteurs ont glissé dans leurs détails.

St-Amand-Montrond : 2016

Chalivoy-Milon : 2022
côté sud du chœur.
À Neuvy-Saint-Sépulchre, les arcatures prennent une autre dimension. Il faut presque faire le tour de la rotonde pour les découvrir. Elles courent autour de l’édifice, comme une délicate dentelle de pierre, et alternent les arcatures aveugles avec celles qui s’ouvrent sur les fenêtres.
J’aime beaucoup cette façon qu’avaient les bâtisseurs romans de jouer avec le plein et le vide. Un arc se ferme sur le mur, le suivant laisse entrer la lumière… puis le motif recommence. À distance, on ne perçoit qu’un joli rythme architectural ; en s’approchant, on découvre les supports, les colonnes, les ombres sous les arcs et toutes ces petites différences qui donnent à la pierre sa personnalité.
À l’intérieur, le regard retrouve encore ces jeux d’arcades. La rotonde semble alors se déployer en plusieurs niveaux, avec ses colonnes et ses galeries, comme si l’on pouvait lire l’édifice par cercles successifs.

Neuvy Saint-Sépulchre : 2017
Et je me surprends à rester là, à regarder les arcs plutôt que l’ensemble. C’est souvent ainsi que je visite les églises romanes : en commençant par leur silhouette, puis en m’attardant sur un détail… jusqu’à ce que ce détail finisse par devenir, à lui seul, une véritable découverte. À Neuvy-Saint-Sépulchre, ces arcatures sont justement de ces détails qui donnent envie de lever les yeux, de faire le tour de la rotonde et de regarder encore une fois.
Source & observation personnelle : Observations de terrain et relevés personnels réalisés dans le cadre de « Berry Roman à vélo », parcours effectués entre 2011 et 2019.
✑ Rédaction, texte, photographie :
Recherches, vérifications d’orientation et photographies
Par Muriel Azemard — créatrice « Berry Roman à vélo.

Bonjour Muriel, je trouve vos articles passionnants. Je parcours très souvent votre blog pour cela et je reçois aussi vos nouvelles publications. Merci beaucoup pour le précieux travail réalisé sur votre site du Berry. En regardant la photo de Bouges, je lui trouve des représentations communes avec l’historié de Daniel dans la fosse aux lions.
Je pencherais par ici pour ce qui concerne mon point de vue.
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Vu les chapiteaux de Déols. C’est pour cela et aussi pour le plaisir du patrimoine, que j’aime venir. J’ai visité Déols deux fois, j’ai du mal à imaginer (sans tomber dans les extrêmes) et vaste question à laquelle on ne pourra peut-être pas répondre, de la force de cette abbaye pour la comprendre tout à fait. On ne peut pas vraiment étudier cette abbaye à une échelle trop » locale « , c’est un héritage clunisien qui d’après moi dépasse le Berry.
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Merci Muriel pour votre partage, l’année commence bien, j’ai lu votre édito sur vos projets, par rapport à ce qu’il vous reste à publier de votre précédent site. Cet article est intéressant. Bonne continuation à vous.
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Or, depuis le IVe siècle, l’authentique doctrine chrétienne, est devenue ésotérique lorsque le christianisme devint une religion officielle donc exotérique (Nicée). Par la suite, cette authentique doctrine chrétienne dite primitive s’était réfugiée dans le monachisme qui la transmettait de façon initiatique à l’ombre des cloîtres. C’est l’essentiel de cette doctrine que nous révèlent toutes les sculptures romanes.
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Bonjour Muriel, merci pour tes recherches et publications. Jolis détails commentés.
Je trouve ce que tu présentes franchement intéressant, c’est un partage complet.
Sincère merci.
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