Alors, êtes-vous prêts à vous défouler ? Chaussez les trainings, enfourchez le vélo si le cœur vous en dit, et surtout, laissez-vous guider par votre envie de découverte ! Si je vous dis « Chiron », est-ce que cela vous évoque quelque chose ? Non ? Alors, suivez-moi, car ce drôle de prénom n’a pas dit son dernier mot ! Chiron est d’ailleurs toujours un prénom bien vivant de nos jours.
Et je peux vous le confirmer : lors de ma visite sur le site, j’ai bien trouvé sa trace !
17 Août 2012

Plus qu’1,2 km pour y être…
De retour de Reigny –

Soye-l’Eglise
Depuis Saint-Amand-Montrond, direction le village de La Roche ! À peine 8 kilomètres à mettre sous les roues du vélo pour rejoindre notre destination. 8 kilomètres seulement… et nous voilà déjà plongés dans une mythologie aussi passionnante qu’inattendue. Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire de partir au bout du monde pour changer complètement d’univers !
Alors, en selle, et laissez-moi vous conduire jusqu’à Chiron. La balade commence… et la mythologie n’est jamais bien loin !

L’édifice religieux, tranquillement immergé dans sa nature, m’en rappelle d’autres. Ceux que je découvrais autrefois au fil de mes escapades, lorsque des figures célestes semblaient m’attendre au détour du chemin. J’étais alors directement « mis au parfum » ! Je pense notamment à l’église de Lacs, que j’allais découvrir par monts et par vaux. Ou encore à celles d’Ardentes et de Déolsce dernier grand site clunisien dont les vestiges incontournables méritent vraiment le détour.
Des symboles venus d’un autre âge, certes, mais qui restent, aujourd’hui encore, fondamentalement captivants. Et Chiron, justement, je le connais bien ! Je l’ai étudié sous toutes ses coutures, et cela bien avant que le Berry Roman à vélo ne commence à rouler. Figurez-vous que j’ai fait sa connaissance en 1991… Eh oui ! Déjà ! Non mais… tu as vu l’heure ?
Au gré de mes venues, j’ai fini par faire la connaissance de deux personnes. Et l’une d’elles m’apprend une chose qui va forcément piquer ma curiosité : la dalle de l’église a été remise en état. Alors forcément, je me demande ce que je vais bien pouvoir découvrir à l’intérieur de cet édifice rural. Et la réponse tombe, presque comme une évidence :
— « Une fresque.«
Voilà qui mérite que l’on pousse un peu plus loin la découverte ! Pourtant, lors de ma première visite, je ne connaissais encore que très peu l’histoire de cette église. Comme j’en ai pris l’habitude, j’avais commencé par en faire le tour. Premier contournement, premières observations… et déjà quelques surprises. Je découvre une église qui porte encore les traces de son histoire : une restauration qui lui a redonné un peu de souffle, des parties qui ont résisté au temps, et notamment, sur le flanc nord, des éléments encore étonnamment bien conservés malgré les assauts de l’érosion. En fait, c’est peut-être cela aussi que raconte cette petite église : le temps passe, les pierres s’usent, les décors disparaissent… mais certaines choses résistent.
Conserver : voilà précisément ce que nous demande le patrimoine. Et quand on tombe sur un édifice comme celui-ci, on comprend tout de suite pourquoi. Comme je vous le mentionne plus haut, Soye l’Église, c’est à la fois un sanctuaire… et un lieu. Un peu perdu, à seulement 1,5 km de Saint-Georges-de-Poisieux, je dois bien vous avouer que je me suis demandé ce que léglise avait ici à raconter.
Le sanctuaire — dont j’ai, je dois l’avouer, oublié la dédicace — semble avoir été autrefois accompagné d’un prieuré sur son flanc Sud, du moins si l’on en croit les vestiges que l’on peut encore observer et que je vous montre sur ma photo. Mais ce qui retient rapidement mon attention, ce sont les quatre chapiteaux qui ornent le portail occidental. Et là, à mes yeux, le décor prend une coloration bien particulière. Ces sculptures me paraissent fortement marquées par l’esprit de la Réforme grégorienne. C’est mon interprétation, bien sûr, mais leur présence ici n’est pas anodine.
Et puis une question commence à me trotter dans la tête : Soye l’Église aurait-elle pu être un ermitage ? Car les indices ne manquent pas. Et surtout, il y a ces fameux graffitis, nombreux, très nombreux… à croire qu’il en pleuvait sur les murs ! Or ces inscriptions anciennes nous racontent quelque chose : elles témoignent du passage des hommes, et probablement de pèlerins venus laisser ici leur marque, parfois bien malgré eux pour nos yeux contemporains. Compte tenu de la situation géographique du lieu, une hypothèse vient naturellement à l’esprit : des pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Je vous montrerai d’ailleurs plus en détail le petit trésor que constituent ces graffitis, car ils méritent vraiment qu’on s’y attarde. Et tant qu’à lever les yeux, ne manquez pas non plus le cadran solaire. Celui-là, c’est un vrai de vrai ! Je vous partage donc un petit focus sur ces graffitis et sur ce cadran solaire, avec l’article que j’ai consacré à cette thématique. Car décidément, à Soye l’Église, même les murs ont des choses à raconter !

Faites maintenant le tour de l’église avec moi. Et surtout, levez les yeux ! Vous allez remarquer une jolie corniche en arcature, un élément assez rare dans notre région. Rare… je n’ose pas dire unique, hein ! Restons prudents. Mais disons qu’elle ne court pas franchement les rues du Berry !
Observez également les modillons, dont certains présentent encore des formes assez originales. Ils ont malheureusement perdu une bonne partie de leur relief, mais finalement, rien de très étonnant. Nous sommes en territoire de grès. Et parfois même de grès rose ! Une belle pierre, certes, mais qui a la fâcheuse réputation d’être particulièrement sensible à l’érosion. Alors, au fil des siècles, le vent, la pluie et les intempéries ont doucement fait leur travail. Les sculptures se sont émoussées, les détails se sont effacés… mais quelques silhouettes résistent encore. À nous maintenant de bien regarder : avant que le temps ne décide de gommer les derniers détails !
Soye-l’Église, c’est exactement le genre de site qui me passionne. Un endroit où je peux m’adonner à mon petit plaisir : la prospection. Alors, forcément, je ne vais pas garder mes trouvailles pour moi. Je vous fais partager le fruit de mes petites recherches… enfin, les fruits, car ici, la récolte est plutôt généreuse ! Il y a d’abord les résultats de la prospection, puis ces fameuses stries qui attirent l’œil lorsqu’on sait où les chercher. Et puis, il y a encore cette étonnante « piste des éléphants« .
Oui, vous avez bien lu : des éléphants ! 🐘
Bon, rassurez-vous, je ne suis pas en train de vous annoncer l’arrivée d’un troupeau en Berry. Mais cette appellation mérite justement que l’on s’y intéresse.
Allez, je vous emmène voir tout cela de plus près. Car à Soye-l’Église, il suffit parfois de regarder autrement pour transformer une simple visite en véritable petite enquête de terrain.

La jolie porte occidentale de ce petit sanctuaire rural. Et franchement, elle mérite que l’on s’y attarde ! Elle est encadrée de voussures, ces arcs successifs qui donnent du relief au portail et viennent s’appuyer sur les colonnettes disposées de part et d’autre. Et justement, regardez bien ces colonnettes : elles portent de beaux chapiteaux du XIIᵉ siècle.
Pour une petite église rurale qui joue plutôt la carte de la discrétion, avouez que l’entrée ne manque pas d’allure ! La décoration y est particulièrement soignée, presque généreuse. On pourrait presque croire que le maître d’œuvre s’est dit : « Puisque nous n’avons pas beaucoup de place, autant bien décorer la porte ! « Alors, qu’en pensez-vous ? Elle ne mérite pas qu’on s’y attarde quelques instants ?
Après un petit retour sur mes observations, une chose me frappe : cette église semble parfaitement s’inscrire dans l’esprit de la Réforme grégorienne. Et ce n’est finalement pas si surprenant. Cet esprit marque profondément une grande partie de nos églises romanes du Berry, notamment dans leur iconographie. Ici encore, les éléments que nous découvrons semblent aller dans cette direction. Mais voilà que surgit une petite question… et pas des moindres, la dédicace de l’église. Pourrait-il s’agir de Saint-Paul ? Je vous laisse me le dire dans les commentaires, car je préfère ici formuler une hypothèse plutôt que de transformer mon intuition en vérité gravée dans le marbre !
Et puis, il y a les chapiteaux du portail Ouest. Eux aussi semblent apporter de l’eau à mon moulin et pourraient, là encore, concorder avec une dédicace à Saint-Paul. Alors, simple coïncidence ou véritable indice iconographique ? À vous de me dire ce que vous en pensez !

Le chapiteau de Chiron,
& Chiron est relié au Sagittaire
Malgré les ravages du temps, il se distingue encore ! Certes, l’érosion lui a quelque peu mangé les détails, mais impossible de ne pas reconnaître notre fameux personnage : mi-homme, mi-cheval, l’arc bandé, tournant la tête vers le jeune Achille. C’est d’ailleurs le plus grisâtre des deux. La pierre a bien travaillé, elle aussi, et les siècles ont laissé leur empreinte.
Mais regardez bien ce même chapiteau… car Chiron n’est peut-être pas le seul à nous réserver une surprise ! Alors, qu’apercevez-vous également sur ce chapiteau ? Je vous laisse chercher… et surtout, dites-moi dans les commentaires !
Autre raison d’intérêt…
Une petite parenthèse autobiographique
Il faut dire que Chiron et moi, c’est une culture durable. Ayant commencée l’étude de l’astrologie en 1991et plus tard, l’ayant exercée en tant que professionnelle, si aujourd’hui je n’exerce plsu l’activité, cette gradne dame respectueuse continue – (« merci Saturne! ») d’accompagner de longue haleine mon quotidien, et il en reste de vives empeintes, très concrètes. Des traces qui ont traversé les années, sans prendre une ride… ou presque !Alors forcément, lorsque je retrouve Chiron au détour d’un petit sanctuaire roman en campagne, je ne peux pas rester indifférente. Il y a des rencontres qui ne doivent rien au hasard. Et puis j’ai toujours mes Ephémérides papier aseonomiques ouvertes sur la table du bureau… Oui, vous avez bien lu, papier ! Elles ont traversé les années, les changements, les évolutions de ma pratique, mon retour chez moi en Berry… et elles sont toujours là. Lorsque je retrouve Chiron au détour d’une petite église romane du Berry, difficile de considérer cette rencontre comme anodine? alors que 35 ans ont passés. Comme quoi, certains vieux compagnons savent vraiment attendre leur heure.
Les graffitis,
souvant en lien avec les chemins de pélerinage
Les graffitis, d’abord, avec ce lien possible aux chemins de pèlerinage. Voilà déjà une raison suffisante pour venir jusqu’ici. Mais il y en a une autre : le paysage du Boischaut, et cette situation particulière de l’édifice, posé là, au milieu d’une campagne qui semble avoir été volontairement mise à l’écart du monde. Alors non, je ne suis pas venu ici par hasard.
À l’origine, je venais simplement prendre des nouvelles d’un proche, en cette période de canicule. Vous savez, ces moments où le spot publicitaire nous rappelle très vivement les précautions à prendre : boire, rester au frais et éviter de faire le zouave sous un Soleil de plomb ! Et plus j’avance, plus le silence m’enveloppe. Un silence presque monastique. À part quelques oiseaux, les plus hardis, qui continuent courageusement à siffloter dans les environs, rien. Pas un moteur, pas une agitation, pas le moindre bruit venu troubler cette campagne. Allez savoir pourquoi, j’ai comme le sentiment que là aussi, quelque chose d’intéressant m’attend.
Source & observation personnelle : Observations de terrain et relevés personnels réalisés dans le cadre de « Berry Roman à vélo« , parcours effectués entre 2011 et 2019.
✑ Rédaction, texte, photographie :
prospections, vérifications sur le terrain.
Muriel Azemard — webmestre « Berry Au Coeur de France« .


Quelle jolie découverte sur ton blog!
Je les trouve attachantes ces églises retirées dans la campagne.
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Je partage ton avis Lorette, c’est une réelle belle église dans son jus roman.
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J’aime beaucoup comme église, elle dépayse, envie de prendre le temps de la contempler, dans la campagne c’est plus facile.
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Ces églises rurales méritent en effet de s’y attarder, elles ont, elles aussi, leur histoire intime. Ecrivant cela, je citerais bien sûr l’église romane à Nozières, et pas seulement.
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En effet Muriel, belle découverte, c’est une autre église qui métrite de venir ici. Au point de vue ésotérique, tu es imbattable sur les sujets qui relient notre région à ce type d’article. Je suis d’accord aussi, on est étonné de trouver cette église.
Bises , amie!
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Bonjour Richard, merci à toi. En vertu de ce que je rédigeais à son propos, on comprend mieux pourquoi cette église, toute modeste est-elle dans sa campagne, recèle un véritable intérêt à l’art roman.
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Bonjour Muriel,
Jolie cette église, la petite église. Merci de partager tes photos, superbes.
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Oui, modeste mais en fait, plus encore d’apparence…
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Pour moi aussi, le détour est mérité.
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Merci Sabrina. Si tu le veux, n’hésites pas à me contacter.
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Magnifique histoire que tu nous partages de cette église.
Merci à Berry Au Coeur de France!
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