Il faut bien l’avouer : lorsqu’on visite une église, on commence rarement par l’arrière. On pousse la porte, on lève les yeux vers la nef, on admire les chapiteaux, les voûtes, les peintures… et puis, parfois, on ressort sans avoir vraiment regardé ce qui se passe derrière. Pourtant, le chevet mérite largement le détour !
Il est un peu la « façade arrière » de l’église. Une façade qui n’a rien d’une arrière-cuisine : chez les bâtisseurs romans, elle est souvent spectaculaire, savamment organisée et pleine de petits détails à observer.

Chevet de Sain- Martin – Lacs.
Alors, c’est quoi, un chevet ?
Il désigne l’extrémité orientale de l’église, celle qui se trouve derrière le chœur. Autrement dit, lorsque vous êtes face à l’autel et que vous regardez vers le fond de l’église, vous êtes tourné vers le chevet. À l’extérieur, il peut prendre des formes très différentes : un simple mur, une abside arrondie, ou un ensemble plus complexe de volumes qui s’emboîtent les uns dans les autres. Et c’est justement là que commence le jeu.

Une église à regarder
comme un puzzle
Devant un chevet roman, prenez un peu de recul. Vous allez découvrir une véritable composition géométrique : un volume central, des absidioles, des toits, des fenêtres, des contreforts… Tout semble avoir été soigneusement disposé. Le regard peut alors monter et descendre, passer d’un toit à l’autre, suivre une corniche, s’arrêter sur une fenêtre ou sur un chapiteau.
C’est un peu comme si les bâtisseurs avaient assemblé une église en trois dimensions. Et contrairement à notre époque, où l’on aime les grandes façades bien plates et bien pratiques pour les photos, les architectes romans semblent avoir préféré les reliefs. Beaucoup de reliefs.

La Berthenoux
Ouvrez l’œil…
les détails sont partout !
De nombreux, que je découvrais surtout en prenant mon temps. A vous de voir à présent ! Regardez les modillons sous les corniches : ces petites sculptures peuvent représenter des visages, des animaux, des personnages ou des motifs plus difficiles à identifier. Certains sont sérieux. D’autres beaucoup moins.
Et quelques-uns semblent nous observer depuis près de mille ans avec un air de dire : « Alors ? Vous avez trouvé ce que je représente ?
Les fenêtres aussi méritent votre attention. Souvent étroites, elles rappellent que l’architecture romane ne cherche pas encore à faire entrer partout des flots de lumière. Ici, la lumière se mérite… et elle arrive généralement par petites touches.

Lantan
Pourquoi le chevet est-il si important ?
Parce qu’il nous permet de comprendre comment fonctionnait l’église. Le chœur et les espaces qui l’entourent étaient particulièrement importants pour la liturgie. Leur organisation architecturale répond donc à des besoins précis. Mais le chevet est également un formidable résumé du savoir-faire des bâtisseurs romans.
Il faut faire tenir ensemble des volumes différents, soutenir les toitures, ouvrir des fenêtres dans des murs épais, organiser les circulations… tout cela sans nos logiciels de conception, nos grues modernes ni, évidemment, le moindre tutoriel vidéo intitulé « Construire facilement son abside en 10 étapes ». Le résultat est souvent d’une grande élégance.
Lors de votre prochaine visite d’une église romane, essayez donc ceci : ne partez pas tout de suite, faites le tour. Passez derrière l’église, prenez quelques mètres de recul et observez-la comme un ensemble. Cherchez les formes, comptez les volumes, suivez les lignes, repérez les culptures… et surtout, regardez vers le haut. Vous découvrirez peut-être que ce que vous preniez pour « l’arrière de l’église » est en réalité l’un de ses côtés les plus intéressants.

Neuvy-Pailloux

Pouligny-Saint-Martin


Montlevic
Le chevet, c’est un peu le générique de fin
Le chevet raconte une autre histoire que la façade

La façade accueille, la nef conduit, le chœur rassemble… et le chevet, lui, referme l’ensemble avec une succession de formes et de détails qui donnent à l’église toute sa personnalité. Alors, lors d’une prochaine balade en Berry Roman, accordez quelques minutes à ce fameux « arrière ». Vous verrez alors qu’en architecture romane, l’arrière n’est jamais vraiment l’arrière.
Et il se pourrait même que vous finissiez par commencer vtre visite… par là ! Dailleurs un bon exemple, alors que keje me trouvais à Chalivoy-Milon, le chevet est bordur de route, il est impossible de le manquer.
Source & observation personnelle : Observations de terrain et recherches personnelles menées sur le terrain entre 2011 et 2019.
✍️ Rédaction, texte & photographie : Muriel Azemard — créatrice « Berry Roman à vélo. »


Magnifique témoignage du savoir-faire de nos bâtisseurs romans. Quelle richesse dans ce patrimoine ! On ne se lasse jamais d’admirer ces chefs-d’œuvre romans. Je ne me lasse pas de venir sur votre blog, découvrir vos articles et vos photos, Muriel.
Merci beaucoup pour vos partages qui met si bien en valeur l’art roman.
Bonne cotinuation.
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Bonjour Muriel.
Les passionnés d’art roman ne peuvent qu’être émerveillés devant une telle beauté ! Un patrimoine exceptionnel qu’il faut continuer à faire découvrir, ce que vous fites à merveille pour vos lecteurs.
J’aime venir le parcourir par vos superbes photos, votre plume. Ne changez rien.
Cordialement,
Luau
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Merci de nous permettre de redécouvrir ces trésors.
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Superbe découverte !
Quel plaisir de voir unepassionné partager et faire vivre cette belle histoire du patrimoine.
Hâte de poursuivre ces découvertes et d’en apprendre encore davantage ! Merci pour ces belles photos et vos explications. Votre blog est une vraie source d’inspiration.
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Bonne continuation.
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