Alors, puisque nous sommes venus jusqu’à la crypte, descendons. Acceptons de nous immerger un instant dans la pénombre, dans ce monde souterrain qui nous renvoie symboliquement à nos propres profondeurs, à nos choix, à ce qui construit notre identité. Descendre n’est peut-être pas s’enfoncer. C’est parfois aller chercher, plus profondément, ce que la lumière trop éclatante nous empêche de voir. Sous l’église, quelque chose nous échappe encore. Quelque chose de caché, de plus vaste, presque cosmologique. Les pierres sont silencieuses, mais elles nous invitent à regarder autrement : vers l’intérieur, avant de pouvoir nous tourner à nouveau vers le ciel.

Une crypte…

Et, au cœur de la crypte, dans cet espace où nous sommes justement descendus chercher ce qui se cache sous nos pieds, le Soleil nous rappelle peut-être une chose essentielle : même dans l’ombre, la Lumière n’est jamais très loin. Après tout, elle sait parfaitement où nous trouver.


À Plaimpied, je descends à nouveau

La crypte m’accueille dans une pénombre plus douce que celle de Saint-Benoît-sur-Loire. Quatre colonnes monolithes apparaissent, solidement posées selon un carré presque parfait. Elles portent les voûtes d’arêtes, tandis qu’un déambulatoire m’invite à tourner autour de cet espace central. Je marche lentement. Impossible de simplement traverser : la crypte de plan trefflé, ayant des réminiscences celtes, impose son propre rythme. Puis je lève les yeux. Sur les voûtes, quelques traces peintes subsistent encore : fleurettes, cordons, décors géométriques… et cette étonnante figure solaire qui attire immédiatement le regard.

Iico, on découvre ilmmédiatemetn le symbolisme du 4 dont je vous prle plus haut, autrement dit, un socle, une base, 4 piliers ancrés à la Terre – une force. Et la la pierre n’y est pas seule à parler, puisque la peinture vient lui donner une autre voix. Et me voilà, une fois encore, entre le carré de la Terre et ce qui cherche à s’élever vers la Lumière.

Et me voilà déjà dans cet état particulier que je connais bien : celui où l’on sait que l’on va quitter, pour quelques instants, la lumière du dehors pour pénétrer dans un autre monde. La visite commence. Nous avançons au milieu des vestiges, lentement, presque naturellement attirés vers ce qui se trouve sous nos pieds. À Bourges, pourtant, la descente réserve une surprise de taille : ici, les profondeurs semblent s’empiler les unes sur les autres.

C’est une évolution très naturelle de votre récit. La profondeur devient double : profondeur de l’espace et profondeur de la mémoire. Et je verrais bien la suite partir de notre déplacement réel dans la crypte : nous avançons, nous découvrons les vestiges, puis progressivement, nous comprenons que ce que nous avons sous les yeux est comme une mémoire enfouie de la cathédrale. De fait, la clé du symbolisme pourrait être celel-ci :

la crypte = ce qui est caché
les vestiges = la mémoire
la descente = retour vers les origines
la remontée = retour au présent, mais avec ce que l’on vient de découvrir

La crypte devient alors bien davantage qu’un espace où l’on conserve des fragments anciens : elle nous met face à des présences. Des hommes, des animaux, des visages de pierre qui ont traversé les siècles et qui, aujourd’hui encore, semblent nous observer autant que nous les observons. Et finalement, n’est-ce pas là une étrange manière de faire vivre la mémoire ? Les pierres ne parlent pas. Mais elles savent remarquablement bien nous regarder.

Après avoir parcouru le Cher, puis la commune de Reuilly et son église, je suis descendue vers la crypte. Enfin… lorsque nous pouvons y accéder ! Car à Reuilly, la crypte ne se laisse pas toujours approcher. Il faut parfois savoir patienter, et accepter que les vieilles pierres aient leurs propres horaires.

Mais peut-être est-ce justement ce qui me plaît : ici, la crypte ne se donne pas immédiatement. Il faut faire l’effort de descendre pour aller à sa rencontre. Et comme toujours, derrière la pénombre, je sais déjà que quelque chose m’attend : la Lumière.

Gargilesse-Dampierre

5 réponses sur « Crypte romane »

  1. Bonjour,
    Une très belle découverte ! La crypte permet vraiment de mieux comprendre l’histoire de la cathédrale. J’ai beaucoup aimé cette partie plus mystérieuse de la cathédrale. Les fragments du jubé sont particulièrement intéressants.

    Impressionnant de se retrouver sous la cathédrale et d’imaginer les différentes étapes de sa construction.

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  2. J’ai particulièrement apprécié les explications historiques autour de la crypte et du duc Jean de Berry. Une belle plongée sur votre pag. Merco à vous.

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  3. J’ai été agréablement surpris par cette petite crypte de Reuilly, un lieu discret je trouve.
    Nous l’avons visitée, une ambiance particulière.

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  4. L’abbatiale de Plaimpied possède une architecture romane vraiment remarquable, une belle surprise près de Bourges. L’abbatiale est superbe avec son chœur très lumineux, les chapiteaux sculptés sont particulièrement impressionnants. Une étape incontournable lorsqu’on explore le patrimoine autour de Bourges.

    Merci pour vos partages!

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  5. La crypte de Saint-Benoît-sur-Loire est impressionnante par son architecture romane, l’histoire du lieu. La présence des reliques de saint Benoît donne à cette crypte une dimension toute particulière. Un endroit magnifique pour les amateurs d’histoire et d’architecture. Les colonnes, les voûtes et l’ambiance

    Un patrimoine exceptionnel, l’abbaye et la crypte. Une très belle découverte sur votre blog et dans le Loiret.

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